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07/07/2018

La Russie ou la Croatie ?

5Y6kOqiOIv2C1sP9C_BWtA_96x96.png9toerdOg8xW4CRhDaZxsyw_96x96.pngPostez votre pronostic pour le match
Russie - Croatie
du samedi 7 juillet à 20h.00
en quart de finale de la Coupe du monde de football à Sotchi.

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Laquelle des 2 équipes en finale: Belgique ou France ?

6SF7yEoB60bU5knw-M7R5Q_96x96.pngz3JEQB3coEAGLCJBEUzQ2A_96x96.pngPostez votre pronostic pour le match
Belgique - France
du mardi 10 juillet à 20h.00
en demi-finale de la Coupe du monde de football à
Saint-Petersbourg (Russie).

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La Suède ou l'Angleterre ?

OkFlRvRsKMWb8Hk20L9Trw_96x96.pngDTqIL8Ba3KIuxGkpXw5ayA_96x96.pngPostez votre pronostic pour le match
Suède - Angleterre
du samedi 7 juillet à 16h.00
en quart de finale de la Coupe du monde de football à Samara (Russie).

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05/07/2018

Le Brésil ou la Belgique ?

110px-Flag_of_Brazil.svg.png110px-Flag_of_Belgium_(civil).svg.pngPostez votre pronostic pour le match
Brésil - Belgique
du vendredi 6 juillet à 20h.00
en quart de finale de la Coupe du monde de football à Kazan.

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04/07/2018

La France ou l'Uruguay ?

z3JEQB3coEAGLCJBEUzQ2A_96x96.pngKnSUdQWiGRoy89q4x85IgA_96x96.pngDonnez votre pronostic pour le match
France - Uruguay
du vendredi 6 juillet à 16h.00
en quart de finale de la Coupe du monde de football
à Nijni Novgorod.

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03/07/2018

De testiculis Christi

Dans un commentaire publié hier (2 juillet) sur son propre blog, M André Thomann a écrit:
"J'ai été frappé du fait qu'aucun des évangiles canoniques ne décrit physiquement Jésus. Etait-il grand, mince, joufflu. Avait-il les cheveux noirs et crépus, les oreilles décollées, mystère. Cela n'est pas une preuve de son inexistence, mais un indice."
Ayant moi-même été surpris de ne trouver aucune indication relative à l'apparence physique de Jésus dans les Évangiles canoniques, dans les épîtres de saint Paul et dans l'Évangile extra-canonique de Thomas, je me suis livré à une petite étude sur le sujet.

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02/07/2018

ANGLETERRE ou COLOMBIE ?

130px-Flag_of_England.svg.png110px-Flag_of_Colombia.svg.pngDonnez votre pronostic pour le match Angleterre - Colombie du mardi 3 juillet à 20h.00 en 8e de finale de la Coupe du monde de football à Moscou.

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01/07/2018

C'était écrit

Suite à ses apparitions dans les émissions Pardonnez-moi et Faut pas croire de la Télévision suisse romande et avant de s'envoler pour Paris, Jésus revenu sur Terre sous les traits de Marguerite a rendu ce matin une petite visite inopinée à la rédaction de Croire ou ne pas croire. J'ai profité de l'occasion pour lui soumettre cet extrait d'un commentaire posté le vendredi 22 juin dernier par Mme Myriam Belakovsky au pied de mon billet intitulé Jésus-Marguerite, hôte du magazine «Faut pas croire» de la TSR:
"Traité de bâtard fils d'impure sans rien affirmer on peut se poser la question de savoir si Jésus ainsi traité ne demanda pas à Dieu d'être ce père, ce papa (abba) qu'il n'avait pas."
J'ai alors posé à Jésus la question suivante:

– Comment en êtes-vous arrivé à parler du “Père” comme vous l'avez fait, il y a deux mille ans?

– Mon ministère [1], répondit Jésus, s’inscrivait dans la continuité d’une tradition déjà deux fois millénaire. Pour avoir une chance de faire évoluer les mentalités, il était indispensable que j’utilise le langage des gens auxquels je m’adressais et que mon enseignement se greffe sur l’état de leurs croyances, tout en accordant une attention particulière à leurs attentes [2]. Il s’agissait de composer avec l’ethnocentrisme ambiant. Il fallait tenir compte des données, caractéristiques, contingences, moeurs et usages du lieu et de l’époque. Si je les avais ignorés, si je ne m’étais pas mû dans des sphères familières aux âmes religieuses du pays et du temps [3], personne ne m’aurait écouté, personne ne m’aurait suivi. Il ne faut pas oublier que mes contemporains sanctifiaient le nom de Dieu au point de ne plus oser le prononcer. Et que, s’étant installés dans un état de dépendance par rapport au Tout-Puissant (un état qui les condamnait au rôle de victimes), ils plaçaient tous leurs espoirs en la venue d’un Messie qui les délivrerait de la servitude sans fin dans laquelle ils se trouvaient cloîtrés. Comme tant d’autres, j’ai été nourri au sein de cette culture (pour ne pas dire de ce culte) fondée sur le respect et la crainte d’un Père céleste éminemment sévère, irritable, jaloux, moqueur [4], menaçant, colérique, belliqueux, haineux, violent, brutal, cruel et – vu sa toute-puissance – particulièrement redoutable. Mais, en ce qui me concerne, une rupture s’est opérée: j’avais tellement soif d’affection, tellement besoin d’être aimé [5] que je me suis détourné de cette créature tyrannique [6], de ce Dieu hostile, vengeur, menteur [7] et destructeur. Une voix intérieure m’invitait à partir à la recherche d’un autre Père, d’un Père qui saurait alléger les souffrances d’un enfant brimé [8] et répondre aux aspirations d’un adolescent porté à l’exaltation et au mysticisme. “Il sera pour moi un fils et je serai pour lui un père” [9], se mit à murmurer la voix en enchaînant en boucle, de sorte que je pouvais tout aussi bien entendre: “Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils” [10]. Nul doute, dans mon coeur meurtri de pauvre gringalet bourré de complexes [11], qu’une promesse m’était adressée et que cette promesse annonçait un bonheur parfait, exclusif. Je suivis donc cette voix, qui me guida sur la voie d’un Père attentionné, chaleureux, juste et tolérant [12]. Celui qui s’imposa à moi se révéla si bon [13], si doux, si affectueux, si compréhensif, si charitable et si protecteur que je fus bientôt submergé par un torrent d’amour [14]. Je me précipitai dans ses bras avec toute l’ardeur de mon âme innocente et il devint mon réconfort, mon support, ma force, ma source vive [15]. Plus tard, devenu adulte, je compris que ma mission sur Terre consistait à faire connaître ce Père idéal à mes semblables [16], de manière à ce qu’ils puissent, eux aussi, bénéficier de sa mansuétude et de son amour sans faille [17]. À l’évidence, une force supérieure m’avait chargé de les convertir à cette version revisitée du Dieu de leurs ancêtres, à ce Dieu de paix [18]. J’avais été élu, pensais-je [19]. L’Émissaire, l’Envoyé [20], celui dont les Écritures hébraïques avaient annoncé la venue [21], c’était moi - j’en étais convaincu [22]. Plus je lisais et relisais certains passages du Tanakh, plus il devenait évident qu’ils avaient été rédigés à mon intention. Ce germe [21], ce serviteur [21.2], ce Fils tant attendus - tout cela raisonnait en moi comme un appel venu d’en haut: j’étais destiné à devenir le vin nouveau, le “bon vin” qui allait régaler les invités aux noces de Cana [23]. Je me mis donc, comme beaucoup d’autres [24] en ce temps-là, à voyager et à prêcher et, en maints endroits (surtout dans les campagnes), il se trouva du monde pour manifester de l’intérêt, voire de la sympathie pour ma doctrine. «Oui, “le Seigneur que vous cherchez, le messager de l’alliance que vous désirez” [25], c’est moi», me hasardai-je un jour à proclamer. Les gens se laissèrent convaincre, au point que quelques inconditionnels imaginèrent, à mon corps défendant [26], de me faire monter sur le trône de David [27]. Cette proposition suscita des remous et finit par m’attirer la haine du plus grand nombre. S’ensuivit pour moi et pour ceux qui me faisaient cortège une suite d’épreuves qui me rapprochèrent encore plus du Dieu auquel je m’étais attaché. Au cours de cette période, je me sentis si proche de ce Père d’amour et de consolation que j’acquis la conviction de ne faire qu’un avec lui [28]. Comme si, à force de subir sa présence rayonnante, sa lumière aveuglante [29], sa chaleur incandescente, j’avais fini par me fondre en Lui... Oui, je le confesse: aussi invraisemblable que cela puisse paraître, j’étais persuadé d’être devenu Dieu. Ou, ce qui revient au même, que Dieu s’était incarné en ma personne. J’y croyais. J’y croyais dur comme fer. Dois-je m’en repentir? Maintenant que j’y repense, je me rends compte d’une chose: vers la fin, je ne m’appartenais plus, je ne me contrôlais plus [30]. J’étais (comment dire?) - j’étais comme habité, envoûté, possédé. Peut-être bien que je délirais. Mais je crois plutôt que c’était un mélange de clairvoyance et de délire, de lucidité et de folie. Comme si j’étais à la fois moi et quelqu’un d’autre. À ce propos, je me souviens avoir un jour tenu le discours suivant à mes disciples:

“En vérité, en vérité, je vous le déclare, de même que Dieu est en l’homme, de même l’homme est en Dieu. Car qu’est-ce que Dieu, si ce n’est l’homme? Et qu’est-ce que l’homme, si ce n’est Dieu? Ne vous ai-je pas enseigné que j’étais dans le Père et que le Père était en moi? Que j’étais Fils de Dieu et Dieu moi-même? Que le Fils était indissociable du Père et le Père indissociable du Fils? En écoutant mes paroles, vous vous êtes imaginés que j’étais différent des autres hommes, différent de vous. Eh bien non, détrompez-vous! Je ne suis pas seul, beaucoup s’en faut, à demeurer en Dieu [31]! Et Dieu, qui vit en moi, ne réside pas uniquement en ma personne! [32] La vérité, c’est que chaque être humain sur cette Terre est à la fois Fils de Dieu [33] et Dieu soi-même. C’est ainsi que le Père vit dans le Fils et que le Fils vit dans le Père. Et c’est ainsi que le Père connaît le Fils et que le Fils connaît le Père [34]. Car que serait le Fils sans le Père, je vous le demande? Et que serait le Père sans le Fils? Mais je suis bien sot de vous poser ces questions: vos bouches bées disent assez combien elles vous dépassent. Et pourtant vous demeurez tout ouïe car vous avez faim et soif de vérité. Or, quiconque est pour la vérité écoute ma voix [35]. Vous auriez depuis longtemps abandonné ma compagnie si ma parole n’était pas pleine de grâce et de vérité [36], si je n’enseignais pas la voie de Dieu en toute vérité [37] et si je n’étais pas le chemin, la vérité et la vie [38]. Si vous continuez à me suivre, si vous me restez fidèles, c’est parce que mon discours est plus nourrissant que le pain bénit et plus désaltérant que l’eau des bénitiers. Alors, écoutez [39] – écoutez ce que je vais vous dire [40]. Écoutez-moi et comprenez [41]:
nous tous – nous tous ensemble – sommes Dieu, à la fois unique et infini.

Que cette phrase s’inscrive au fronton de votre esprit et je n’aurai point prêché dans le désert. Vous m’êtes témoins que j’ai toujours affirmé: je suis dans le Père et le Père est en moi [28]. Mais n’ai-je pas aussi déclaré que vous étiez en moi et que j’étais en vous [42]? Il s’ensuit que Dieu est en chacun de nous et que chacun de nous est en Dieu. Tous, tant que nous sommes, nous vivons en Dieu, nous sommes Dieu. Jusqu’ici, je vous ai enseigné que tout ce que possédait le Père était à moi [43]. Maintenant, je vous le déclare, afin de dissiper tout malentendu: tout ce que possède le Père vous appartient, à vous autant qu’à moi. Car tout ce qui est à moi est à vous; de même, ce qui est à vous est à moi. Lorsque j’affirme: tout ce qui est à moi est à Dieu, et ce qui est à Dieu est à moi, j’ajoute aussitôt: tout ce qui est à vous est à Dieu, et ce qui est à Dieu est à vous. Car, de même que je suis un avec le Père, de même vous ne faites qu’un avec lui [44]. Ainsi le veut le grand principe universel selon lequel le Tout est dans l’Un, et l’Un dans le Tout.

Tout cela vous est révélé, à vous mes disciples, afin que vous sachiez que le vrai Dieu est sans commune mesure avec cet être cruel et sanguinaire [45] imaginé par vos aïeux, avec cette créature diabolique [46] qui se terre dans les cieux pour mieux terrifier la terre, avec cet oppresseur funeste que vous craignez au point d’en être paralysés. Ne voyez-vous pas que celui que vous situez dans le ciel est au milieu de vous [47]? Le temps est venu de reconnaître que «le royaume de Dieu est au-dedans de vous» [48]. Car, soyez-en certains, le véritable Dieu ne réside pas dans un Empyrée [49] hypothétique et lointain, pas plus qu’il n’a élu domicile dans un temple: s’il vit, c’est à l’intérieur de nous-mêmes [50], dans nos coeurs, parce que nous l’y avons fait entrer [51]. Et chaque fois que Dieu est présent dans le coeur de l’homme, l’homme ne fait qu’un avec Dieu [52|. Un comme union, un comme communion.”

Ayant prononcé ces paroles, Jésus marqua un temps d’arrêt. Comprenant qu’il était plongé dans ses souvenirs, je me gardai de rompre le silence. Je pensai en moi-même que cet être sensible et intelligent que j'avais là devant moi avait accompli un sacré parcours: pensant et agissant délibérément à contre-courant des préjugés et présupposés de son temps, il avait bousculé bien des règles établies et bien des tabous, il avait mis en cause la Loi [53], il s’en était pris au Temple et en avait chassé les marchands aussi bien que les acheteurs à l’aide d’un fouet [54]. Où cela l’avait mené, on ne le sait que trop bien [55]. Il n’est jamais facile de révolutionner des modes de pensée ancestraux. Surtout lorsqu’on se heurte à de gros intérêts. La résistance des gens en place s’organise [81]. Ceux qui tiennent les rênes du pouvoir cherchent à éliminer ceux qui veulent tout changer, qui mènent un combat trop véhément contre les abus, l’hypocrisie, la corruption, les mensonges, les injustices. Pour ceux qui gouvernent, une injustice vaut mieux qu’un désordre, c’est bien connu.

– Les choses se sont terminées comme elles se sont terminées, reprit Jésus-Marguerite, mais je ne regrette rien.

Il s’était éloigné des schémas connus, il avait introduit et défendu d’autres valeurs, il avait prôné des comportements nouveaux, il avait appelé à changer de genre de vie. “Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent” (Luc 6:27-28; dans le même sens: Matthieu 5:39 et 5:44) [82]. Il avait ouvert la voie, inauguré, montré le chemin. À la longue, son enseignement avait fait évoluer la vision, la perception que l’on avait de Dieu. Même si, trop souvent, ses propos avaient été mal compris, mal interprétés - quand ce n'est pas déformés (intentionnellement ou non).

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[1] • “Jésus avait environ trente ans lorsqu’il commença son ministère” (Luc 3:23); • “Les Juifs lui dirent [à Jésus]: «Tu n’as pas encore cinquante ans (...)!»” (Jean 8:57).

[2] Les termes “attention” et “attentes”, à la fin de cette phrase, en préfigurent un autre: Jésus, en effet, s’apprête à commettre un attentat contre la religion juive, contre le patrimoine d’Israël (nota bene: dans patrimoine il y a pater, qui a donné père, paternel et paternalisme; quant au suffixe -moine, il vient du latin monium, qui pourrait être apparenté à moneta, ce dernier terme ayant donné monnaie en français, Münze en allemand et money en anglais).

[3] Cf. Daniel-Rops, Jésus en son temps, Club international du livre, Bruxelles, p. 334 (sous le sous-titre “Sa vie humaine”, dernier paragraphe).

[4] • “Le Seigneur se moque d'eux et, dans sa colère, il les frappe d'épouvante” (Psaumes 2:4-5); • “Et toi, Éternel, tu te ris d'eux, tu te moques de toutes les nations” (Psaumes 59:8 ou 59:9, selon la numérotation adoptée); • “Quand un fléau soudain répand la mort, il [Dieu] se moque de la détresse des innocents” (Job 9:22-23); • “Je rirai quand vous serez dans le malheur, je me moquerai quand la terreur vous saisira (...) comme une tempête et que le malheur vous enveloppera comme un tourbillon, quand la détresse et l'angoisse fondront sur vous” (Proverbes 1:26-27; c’est l’Éternel qui parle); • “Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel: «Tu [Jérusalem] boiras la coupe (...), large et profonde, qui te rendra un objet de risée et de moquerie (...). Tu seras remplie d’ivresse et de douleur car c’est une coupe de désolation et de destruction»” (Ézéchiel 23:32-33 [4.1]; en Jérémie 25:15, Dieu dit de “cette coupe” qu’elle est “remplie du vin de mon courroux”; une coupe qu’Ésaïe 51:17 appelle “la coupe de sa colère” [“sa” se rapportant à l’Éternel]).

......... [4.1] À propos de ce passage d’Ézéchiel, il est curieux que personne n’ait relevé le caractère éminemment prophétique de son contenu, qui semble pourtant évident: il préfigure, en effet, les derniers jours de la vie du Messie. Comment ne pas voir, à moins de se bander les yeux, que cette “coupe de désolation et de destruction” est celle-là même que Dieu fera boire à Jésus? Car il ne faut pas se leurrer: Dieu réserve à son Fils bien-aimé le même traitement qu’à Jérusalem et qu’à tout le monde. Jésus n’a-t-il pas parlé, en Matthieu 20:22 et en Marc 10:38, de “la coupe que je dois boire”, et en Jean 18:11 de “la coupe que le Père m'a donnée à boire”? On se souvient que par la suite, devant l’imminence de son arrestation et de ce qui allait s’ensuivre (condamnation, supplice, mort), le malheureux Jésus fut saisi d’une crise d’angoisse telle qu’il se tourna vers le ciel pour implorer: “Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi!” (Matthieu 26:39). Une prière que l’on retrouve, formulée à peine différemment, en Marc 14:36 (“Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe!”) et en Luc 22:42 (“Ô Père, si tu le veux, écarte de moi cette coupe!”). Bien entendu, le Père ne voulut rien entendre

[5] “Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi” (Matthieu 10:37; c’est Jésus qui parle).

[6] • “Toutes les âmes sont à moi” (Ézéchiel 18:4; autre traduction: “Toutes les vies m’appartiennent”; c’est “le Seigneur, l’Éternel” [verset 18:3] qui parle); • “Jésus leur répondit [aux Juifs, à propos de leur Dieu]: «(...) Le Père dont vous êtes issus, c’est le diable (...). Il a été meurtrier dès le commencement [6.1]»” (Jean 8:44).

......... [6.1] “Et vous savez qu’aucun meurtrier n’a la vie éternelle en lui” (I Jean 3:15).

[7] “Jésus leur répondit [aux Juifs, à propos de leur Dieu]: «(...) Le Père dont vous êtes issus, c’est le diable (...). Il n’y a point de vérité en lui. (...) Il est menteur et le père du mensonge»” (Jean 8:44). Cette réponse n’est-elle pas la preuve que le Dieu de Jésus n’était pas le Dieu des Juifs et que le Dieu des Évangiles n’est pas celui de l’Ancien Testament? En Jean 8:47 in fine, Jésus déclare encore à ses interlocuteurs pharisiens: “Vous n’êtes pas issus de Dieu” (ce qu’il faut comprendre ainsi: “Le véritable Dieu, c’est celui que je professe, celui qui m’a envoyé [7.1]; mais vous, vous n’êtes pas issus du véritable Dieu: vous vous êtes attachés [qui plus est: vous êtes enchaînés] à un faux Dieu”). Dans le prolongement, le futur crucifié ajoute, à propos du Dieu qui est le sien et qu’il considère comme le seul vrai: “En fait, vous ne le connaissez pas, alors que moi, je le connais” (Jean 8:55, traduction Bible du Semeur). Plus tard, parlant des pharisiens, des chefs des prêtres, des spécialistes de la Loi et, d’une manière générale, des anciens, il précisera à l’intention de ses disciples: “Ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé” (Jean 15:21 in fine). Et de conclure: “Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands” (Jean 10:8; eh oui, c’est bien de la bouche de Jésus que cette parole est sortie [7.2], et il ne fait pas de doute qu’elle vise jusqu’à Moïse, qui - on s’en souvient [7.3] - fut un meurtrier). Tirant les conséquences de ce qui précède, Paul va jusqu’à affirmer que Jésus “a rendu sans effet la Loi avec ses commandements et leurs règles” (Éphésiens 2:15), ouvrant ainsi la voie à un abandon des commandements et autres prescriptions imposés aux hommes par le Dieu des Juifs. Certes, si l’on en croit Matthieu 5:17-18, Jésus aurait dit par ailleurs: “N’allez pas croire que je sois venu pour abolir la Loi ou les Prophètes. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre n’auront pas disparu, il ne disparaîtra pas de la Loi un seul iota ou un seul trait de lettre”. À la lecture de positions aussi divergentes [7.4], il est permis de ressentir un malaise; mais le fait demeure: aussi tranchées et contradictoires qu’elles soient, ces positions sont affirmées au sein d’un seul et même livre (la sainte Bible), permettant à chacun de tirer les conclusions qui lui conviennent et à des communautés concurrentes de se constituer, puis de s’entre-déchirer.

......... [7.1] • “Je suis sorti de Dieu. Je suis issu du Père et suis venu dans le monde” (Jean 16:27-28; c’est Jésus qui parle [7.2]). • En Jean 17:3, Jésus s’adresse à son Père en ces termes: “La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ” [7.2]. • “Le Fils de Dieu est venu et nous a donné l'intelligence pour connaître le vrai Dieu; et nous sommes unis au vrai Dieu si nous sommes unis à son Fils Jésus-Christ. C'est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle” (I Jean 5:20, traduction Segond 21).

......... [7.2] Si Jésus devait ne pas avoir véritablement prononcé ces paroles, du moins l’un des rédacteurs successifs de l’Évangile selon saint Jean les a-t-il glissées dans sa bouche. Car il ne faut pas se leurrer: tout comme les prophètes, dans l’Ancien Testament, avaient fait tenir à Dieu des propos sortis de leur imagination, de même les évangélistes, dans le Nouveau Testament, ont placé dans la bouche de Jésus des propos de leur invention.

......... [7.3] Le seul haut fait connu accompli par Moïse avant que Dieu ne fasse de lui son porte-parole et l’exécuteur de ses hautes oeuvres est relaté dans Exode 2:12 : “Alors, s’étant tourné de tous côtés et voyant qu’il n’y avait personne, il [Moïse] tua l’Égyptien et enfouit son corps dans le sable” [7.3.1]. Dieu avait-il besoin d’un tueur? Le fait est qu’il utilisa son protégé pour faire périr un très grand nombre d’Égyptiens (Exode 14:15-28 en apporte l’éclatante démonstration).

.................. [7.3.1] Voir également • Le Coran XX:40 : Tu as ensuite tué un homme (c’est Dieu [Allah] qui parle, s’adressant à Moïse); • Le Coran XXVIII:15 : Moïse lui donna un coup de poing et le tua; • Actes 7:28 : “Veux-tu me tuer, comme tu as tué hier l’Égyptien?” (question posée à Moïse par un Israélite; dans le même sens: Le Coran XXVIII:19); • Le Coran XXVIII:33 : Seigneur, dit Moïse, j’ai tué l’un d’entre eux.
Deux petits rappels:
• “Et vous savez qu’aucun meurtrier n’a la vie éternelle” (I Jean 3:15).
• “Quant aux (...) meurtriers, (...) leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort” (Apocalypse 21:8).

[8] Joseph, le charpentier de Nazareth, était sans doute un bon juif. En charge d’un enfant bâtard en sus de sa progéniture légitime, il est probable qu’il s’employa avec un zèle particulier à appliquer au fils aîné de son épouse les principes éducatifs en vigueur à l’époque: • “N'épargne pas la correction à l'enfant; si tu le frappes avec des verges, il ne mourra point. En le frappant avec des verges, tu délivres son âme (...)” (Proverbes 23:13-14); • “La folie est attachée au coeur de l'enfant; les verges de la correction l'éloigneront de lui” (Proverbes 22:15).

[9] Cf. I Chroniques 22:9-10 : “Il te naîtra un fils; (...) son nom sera Salomon. (...) Il sera pour moi un fils et je serai pour lui un père; et j’affermirai pour toujours son trône et sa royauté sur Israël” (annonce faite par l’Éternel à David, roi d’Israël) [9.1]. Dans le passage en question, David est censé rapporter à son fils Salomon des propos que “l’Éternel, le Dieu d’Israël” (I Chroniques 22:6) lui aurait tenus. Quant à savoir si ces propos ont réellement été adressés par Dieu à David, ou bien si David a rêvé que Dieu les lui avait adressés, ou bien si David aurait simplement souhaité que Dieu les lui adressât, ou bien encore s’ils ont été imaginés par Salomon (lequel aurait donné pour instruction à son biographe de présenter les choses de manière à glorifier la royauté aux yeux du peuple et ainsi de mieux asseoir son règne) – toutes les conjectures sont permises.

......... [9.1] “Pour toujours”: selon la Bible et les historiens, aucun descendant de la maison de David n’occupa le trône d’Israël après la mort de Salomon (le successeur de Salomon appartenait à la maison de Jéroboam). Par contre, des descendants de Salomon régnèrent sur le royaume de Juda, qui cessa d’exister en 587 av. J.-C., suite à son invasion par les troupes du roi babylonien Nabuchodonosor II.

[10] Cf. I Chroniques 17:13-14 : "Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils; je ne lui retirerai pas ma grâce, comme je l’ai retirée à celui [Saül] qui a régné avant toi. Je l’établirai pour toujours [9.1] dans ma maison et dans mon royaume, et son trône sera affermi pour toujours [9.1]” (confirmé en ces termes par I Chroniques 28:6-7: “Je l’ai choisi pour fils, et je serai pour lui un père. J’affermirai pour toujours [9.1] sa royauté”). Le chroniqueur présente ces propos comme ayant été adressés par Dieu au roi David [“toi”] à propos du fils de ce dernier, Salomon [“lui”, “il”], appelé à monter sur le trône d’Israël pour succéder à son père.

[11] Dans son jeune âge, le roi David [11.1] semble s’être trouvé dans une situation voisine de celle de Jésus, accompagnée d’états d’âme et d’aspirations comparables. Faisant lui aussi - à tort ou à raison - figure de fils illégitime [11.2], il connut une enfance douloureuse, marquée par les humiliations et les déshonneurs [11.3], ce qui lui fit écrire: “Mon père et ma mère m’ont abandonné mais le Seigneur m’a recueilli” (Psaumes 27:10; traduction calquée sur celles adoptées, entre autres, par la Conférence épiscopale italienne et la Wycliffe Bible).

......... [11.1] Si l’on en croit les généalogies (au demeurant fort différentes) affichées dans Matthieu 1:1-17 et Luc 3:23-38, Jésus aurait été de la descendance de David. Étrangement, pour aboutir à Jésus, ces généalogies passent par “Joseph, l’époux de Marie” (Matthieu 1:16). Luc 1:27 confirme que la vierge était fiancée à “un descendant du roi David, nommé Joseph”. Luc 2:4 le rappelle: “Joseph (...) était de la maison et de la famille de David”. Dans l’Évangile selon Matthieu, c’est même “un ange du Seigneur” (Matthieu 1:20) qui l’atteste: “Joseph, descendant de David” (ibid.). Fort bien. Mais: attendu que Marie était vierge au moment de la naissance du divin enfant, on ne voit pas comment Joseph aurait pu en être le géniteur (lire ◊ Matthieu 1:18 et 1:25 [11.1.1]; ◊◊ Luc 1:34-35). Par ailleurs, comme il n’est nulle part prétendu que Marie descendait elle-même de David, on est forcé d’en conclure que Jésus n’avait pas non plus David pour ancêtre. Or, selon les affirmations constantes des prophètes de l’Ancien Testament [11.1.2], le Messie à venir doit impérativement provenir de la lignée de David. Amis chrétiens, cherchez l’erreur...

.................. [11.1.1] Matthieu 1:25 précise que “il [Joseph] ne la connut point [Marie] jusqu’à ce qu’elle ait enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus” (traduction Louis Segond; pour leur part, la Bible du Semeur et Segond 21 donnent la traduction suivante: “Il [Joseph] n’eut pas de relations sexuelles avec elle [Marie] avant qu’elle ait mis au monde un fils, auquel il donna le nom de Jésus”).

.................. [11.1.2] Peu de temps après la disparition de Jésus, l’apôtre Pierre prononça un discours au cours duquel il rappela à ses interlocuteurs israélites que le roi David “était prophète et il savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir un de ses descendants sur son trône” (Actes 2:30). Et Maître Pierre de conclure avec un bel aplomb, dans les versets suivants (2:31 à 36), que le descendant en question n’était autre que ce Jésus de Nazareth qui venait de mourir, de ressusciter et de prendre la direction du ciel sous les yeux éclatés de quelques disciples et amis dont la fiche ophtalmologique n’a jamais été publiée. Comme bien l’on pense, s’il se trouva une poignée d’Israélites pour s’en laisser conter, la grande majorité ne reconnurent pas Jésus comme étant le Messie annoncé par la cohorte des prophétiseurs.

......... [11.2] L’aveu du roi David est explicite: “Hélas! Je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché” (Psaumes 51:5 ou 51:7, selon la numérotation adoptée). Cela ne l'empêcha pas, une fois devenu roi, de se vautrer lui-même dans le péché. Qu'on en juge: David n'est-il pas ce souverain charismatique qui, d’un côté, se targuait de traiter Méphiboseth, fils de Saül, “avec une bonté digne de Dieu” (II Samuel 9:3) et de l’autre fit enlever la femme d’Urie le Héthien, son fidèle guerrier, afin de pouvoir abuser d’elle à sa guise pendant que son mari combattait les Ammonites aux portes de Rabba? Ayant atteint le septième ciel en ramonant sa proie, David (soucieux d’agir, comme à son habitude, “avec une bonté digne de Dieu”) fit périr Urie le Héthien [6.1], ce qui lui permit d’épouser ensuite la jolie veuve (cf. II Samuel 11:1-5, 14-17 et 26-27; la Bible est prodigue en contes de fées de ce genre). C’est ce même roi David, “berger au coeur intègre” (Psaumes 78:72, dû à Asaph) et “doux chantre d’Israël” (II Samuel 23:1), qui clame fièrement dans un cantique: “L’Éternel (...) a récompensé la pureté de mes mains. Car j’ai suivi avec soin les voies de l’Éternel [11.2.1] (...) et je ne m’écarte point de ses préceptes. J’ai été sans reproche vis-à-vis de lui (...). Oui, l’Éternel m’a traité selon ma justice, selon ma pureté, que ses yeux ont reconnue” (II Samuel 22:21-25; Psaumes 18:20-24 ou 18:21-25, selon la numérotation adoptée); et ce cher David de conclure: “L’Esprit de l’Éternel parle par ma bouche et sa parole est sur ma langue” (II Samuel 23:2; si le roi le dit...). Ah, ils sont beaux les héros du judéo-christianisme. Et leur Dieu, n’est-il pas magnifique lui aussi?

.................. [11.2.1] Le chroniqueur n’est quand même pas allé jusqu’à inclure dans son récit un passage où Dieu ordonnerait à David de faire tuer Urie le Héthien. Il a jugé préférable d’écrire, sans doute pour préserver un semblant de morale: “Mais ce que David avait fait déplut à l’Éternel” (II Samuel 11:26 [11.2.1.1). Par contre, Luc ne cherchera pas à minimiser la responsabilité de Dieu dans le trépassement d’Urie quand il écrira: “Dieu leur donna [aux Israélites] pour roi David, auquel il rendit ce témoignage: «J'ai trouvé David, fils d'Isaï, un homme selon mon coeur, qui exécutera toutes mes volontés»” (Actes 13:22).

........................... [11.2.1.1] On ignore par quel prodige l’auteur du livre de Samuel est parvenu à se procurer cette information. Ce genre de question (comment se fait-il, à propos de tel ou tel fait donné, que l’auteur connaisse les pensées ou les sentiments du Dieu tout-puissant) se pose souvent quand on étudie les textes bibliques. Alors que dans le Coran, Mahomet ne craint pas de révéler franchement sa source: l'ange Gabriel...

......... [11.3] Source: «http://www.techouvot.com/les_doutes_de_jesse_sur_sa_legitimite_et_celle_de_david-vt3306.html», qui se réfère au Psaume 69 (notamment les versets 5, 9, 13 et 22).

[12] En réalité, désespéré de ne pas connaître son véritable géniteur (les quolibets de ses frères et soeurs et de ses camarades lui rappelaient sans cesse que ce n’était pas Joseph) et se trouvant en état de manque affectif, l’enfant Jésus s’était progressivement inventé un Père idéal, absolu et parfait mais - par la force des choses - lointain, puisque situé dans l’au-delà.
Quand on ignore qui est son père, on peut bien être tenté de se l’imaginer comme quelqu’un d’extraordinaire, comme un être hors normes - comme un dieu. “Le père des orphelins, (...) c’est Dieu dans sa sainte demeure” (Psaumes 68:6 ou 68:5, selon la numérotation adoptée).

[13] “Jésus lui répondit: «Pourquoi m'appelles-tu bon? Il n'y a de bon que Dieu seul»” (Marc 10:18, Luc 18:19).

[14] “Car je suis malade d’amour” (Cantique des cantiques 2:5 in fine).

[15] “Rien n’aurait pu endiguer le flot de mes aspirations extatiques” (Edwin A. Abbott, Flatland, une aventure à plusieurs dimensions, Denoël, Présence du futur/110, Paris 1998, p.165; c’est le Carré qui raconte, se remémorant son émotion et son enthousiasme lorsqu’il fut envahi par l’intuition et le vertige d’une quatrième dimension, puis d’une cinquième, d’une sixième, etc.).

[16] • “Personne (...) ne connaît le Père, si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler” (Matthieu 11:27); • “Personne n'a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l'a fait connaître” (Jean 1:18).

[17] • “Père juste, (...) je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux” (Jean 17:25-26; c’est Jésus qui parle [17.1]); • “Car Dieu est amour” (I Jean 4:8); • “Dieu est amour, et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui” (I Jean 4:16).

......... [17.1] L’ensemble du chapitre 17 de l’Évangile selon saint Jean met en scène un Jésus en prière s’adressant à Dieu le Père. La note [7.2] ci-dessus est applicable au contenu de cette prière.

[18] La formulation “Dieu de paix” a été popularisée par Paul dans ses Épîtres (cf. Romains 15:33 et 16:20, I Corinthiens 14:33, II Corinthiens 13:11, Philippiens 4:9, I Thessaloniciens 5:23 et Hébreux 13:20). Jésus ayant été le concepteur et le chantre de ce Dieu de paix, Paul a pu parler de “la paix du Christ”, ou de “paix instaurée par le Christ” (Colossiens 3:15; voir aussi Romains 5:1). Sept siècles et demi auparavant, le prophète de l’espérance messianique avait appelé “Prince de la paix” (Ésaïe 9:5 ou 9:6, selon la numérotation adoptée) celui qui s’installerait sur le “trône de David” (Ésaïe 9:6 ou 9:7, selon la numérotation adoptée).

[19] • “Voici (...) mon élu, en qui mon âme prend plaisir. J'ai mis mon Esprit sur lui; il fera régner la justice parmi les nations” (Ésaïe 42:1; c’est l’Éternel qui parle); • “Je t'ai élu, dit l'Éternel des armées” (Aggée 2:23 in fine); • “Alors on entendit une voix venant de la nuée, qui disait: «Celui-ci est mon Fils, mon Élu, écoutez-le!»” (Luc 9:35, scène dite de la transfiguration). Quand, plus tard, Jésus aura été fixé sur la croix, les chefs des prêtres se moqueront de lui en disant: “Il en a sauvé d’autres; qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ, l’élu de Dieu” (Luc 23:35; comparer avec Matthieu 27:41-44 et Marc 15:31-32); • “L'Éternel m'a dit: «Tu es mon fils!»” (Psaumes 2:7; dans la note de pied de page qu’elle consacre à ce verset, la traduction Segond 21 effectue un rapprochement avec les formules d’intronisation du nouveau roi dans le Proche-Orient ancien; ce que la Bible du Semeur complète, également dans une note de pied de page se rapportant au verset concerné, en précisant: “le roi, successeur de David, était (...) le «fils» de l'Éternel”).

[20] • “Il [le Seigneur] m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance et aux détenus la liberté” (Ésaïe 61:1; dans le même sens: ◊ Ésaïe 42:7 [reproduit dans la note 21 ci-après, quatrième “•”] et ◊◊ Ésaïe 49:9; comparer en outre avec ◊◊◊ Ésaïe 57:15 [Dieu assure qu’il “habite (...) avec celui qui est contrit et humilié, pour vivifier l'esprit des humiliés et pour ranimer le coeur des contrits”] et ◊◊◊◊ Psaumes 146:7 [le troisième item]). • Luc 4:16-21, qui inclut une citation d’Ésaïe 61:1-2, mérite d’être intégralement reproduit ici car il est hautement révélateur de la mission dont Jésus se sentait investi: “Il [Jésus] se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture et on lui présenta le livre du prophète Ésaïe. L'ayant déroulé, il trouva l'endroit où il était écrit: «L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés et pour publier une année de grâce du Seigneur». Puis il roula le livre, le rendit au serviteur et s'assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire: «Aujourd'hui cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, est accomplie [20.1]»” [20.2]. Dans la suite de sa (courte) carrière, Jésus se prévalut à maintes reprises de sa qualité d’Envoyé du Très-Haut: • “Le Père m’a envoyé” (Jean 5:36 et 20:21; dans le même sens: Jean 4:34, 5:24, 5:30, 5:37-38, 6:29, 7:16, 7:25, 7:28, 7:29, 7:34, 9:4, 12:44-45, 13:20, 15:21, 16:5 et 17:3, ainsi que Luc 9:48 et 10:16) [20.3]; • “Je suis venu au nom de mon Père” (Jean 5:43) [20.3]; • “Je connais le Père” (Jean 10:15) [20.3]; • “Le Père m’aime” (Jean 10:17) [20.3].

......... [20.1] Les Évangiles utilisent fréquemment ce genre de formule (“il fallait que s’accomplît”, “il faut que s’accomplisse”, “afin que s'accomplisse”, “ainsi fut accompli”, “alors s’accomplit”), parfois glissée dans la bouche de Jésus, pour rattacher, de façon souvent tirée par les cheveux, tel événement d’actualité, réel ou fictif, à telle ou telle prophétie de l’Ancien Testament (lire, par exemple: Matthieu 2:15, 2:17, 2:23, 4:14, 8:17 [“(...), de sorte que fut accompli ce qui avait été dit par Ésaïe le prophète: «Il [Jésus] a pris lui-même nos infirmités et il a porté nos maladies»”], 12:17, 13:35, 21:4 et 26:56 [“Tout cela est arrivé afin que les écrits [20.1.1] des prophètes soient accomplis”]; Marc 14:49 in fine et 15:28 [20.1.2]; Luc 22:37 [“Car, je vous le déclare, il faut que s’accomplisse en ma personne ce qui est écrit [20.1.1]: «Il a été mis au rang des malfaiteurs»”] et 24:7; Jean 12:38, 13:18, 15:25, 17:12 in fine, 19:24, 19:28 et 19:36 [“Ces choses sont arrivées afin que l'Écriture fût accomplie: «aucun de ses os ne sera brisé»”; Actes 1:16 [“il fallait que s'accomplît ce que le Saint Esprit, dans l'Écriture, a annoncé d'avance, par la bouche de David, au sujet de Judas, qui a été le guide de ceux qui ont saisi Jésus”]). Dans ce contexte, deux passages méritent encore d’être reproduits ici car ils sont particulièrement révélateurs: ◊ “Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je ne suis pas venu pour abolir mais pour accomplir” (Matthieu 5:17; c’est Jésus qui parle); ◊◊ “Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: «Tout est accompli». Puis il baissa la tête et rendit l'âme” (Jean 19:30).

.................. [20.1.1] ◊ “Il est écrit: (...)” (Matthieu 4:4, 4:10, 21:13 et 26:31; Marc 7:6 et 14:27; Luc 4:4, 4:8, 19:46 et 24:46; Jean 6:45 et 8:17), ◊◊ “N'est-il pas écrit: (...)?” (Marc 11:17; Jean 10:34), ◊◊◊ “N'avez-vous pas lu cette parole de l'Écriture: (...)?” (Marc 12:10; dans un sens analogue: Matthieu 12:3, 12:5, 19:4, 21:16 et 22:31, Marc 12:26 et Luc 6:3): semblables formules abondent dans le discours de Jésus.

.................. [20.1.2] À propos de Marc 15:28 (“Ainsi fut accompli ce que dit l'Écriture: «Il [Jésus] a été mis au nombre des malfaiteurs»”), il faut signaler que de nombreuses traductions omettent ce verset car il ne figure pas dans les plus anciens manuscrits. Symptomatique..

......... [20.2] Demeure bien entendu réservée la question de savoir si Luc n’a pas purement et simplement imaginé cette scène, qui ne figure dans aucun autre Évangile, afin d’accréditer la thèse de l’ascendance divine de Jésus, plus facile à faire passer si l’intéressé s’est lui-même présenté comme le Messie annoncé par Ésaïe.

......... [20.3] Demeure bien entendu réservée la question de savoir si Jésus a vraiment prononcé ces paroles ou si Jean et Luc les ont placées dans sa bouche afin d’accréditer la thèse de son ascendance divine.

[21] • “En ce jour-là, le germe de l'Éternel aura de la magnificence et de la gloire et le fruit du pays aura éclat et beauté pour les rescapés d'Israël” (Ésaïe 4:2; pour de nombreux croyants, la formule “le germe de l’Éternel” [en latin: “germen Domini”; traduction anglaise: “the Branch of the Lord”] renvoie à un Messie à venir - un Messie que les chrétiens identifieront avec Jésus) [21.1];
• “Puis l'ange de l'Éternel fit à Josué cette déclaration: «Ainsi parle l'Éternel des armées: (...) Voici, je ferai venir mon serviteur [21.2], le germe»” (Zacharie 3:6-8);
• “Ainsi parle l'Éternel des armées: «Un homme, dont le nom est Germe, germera dans son lieu et bâtira le temple de l'Éternel. Il bâtira le temple de l'Éternel (...)»” (Zacharie 6:12-13);
• “«Voici mon serviteur [21.2], que je soutiendrai, mon élu, en qui mon âme prend plaisir. J'ai mis mon esprit sur lui; il annoncera la justice aux nations. Il ne criera point, il n'élèvera point la voix et ne la fera point entendre dans les rues[21.3]. Il ne brisera point le roseau qui ploie et il n'éteindra point la mèche qui brûle encore; il annoncera la justice selon la vérité. Il ne se découragera point et ne se relâchera point, jusqu'à ce qu'il ait établi la justice sur la terre[21.4] et que les îles placent leur espoir en sa loi». Ainsi parle Dieu, l'Éternel, qui a créé les cieux et qui les a déployés, qui a étendu la terre avec tout ce qu’elle produit, qui a donné la respiration à ceux qui la peuplent et le souffle à ceux qui y marchent. «Moi, l'Éternel, je t'ai appelé pour le salut, et je te prendrai par la main, je te garderai, et je t'établirai pour traiter alliance avec le peuple [21.5], pour être la lumière des nations, pour ouvrir les yeux des aveugles, pour faire sortir de prison les captifs, et de leur cachot ceux qui habitent dans les ténèbres. Je suis l'Éternel, c'est là mon nom (...)»” (Ésaïe 42:1-8);
• “Mon serviteur [21.2] prospérera; il montera, il s'élèvera [21.6], il sera grandement exalté. (...) Beaucoup de gens s’émerveilleront à son sujet. Devant lui, des rois fermeront la bouche car ils verront ce qui ne leur avait pas été raconté et ils apprendront ce qu'ils n'avaient pas entendu” (Ésaïe 52:13-15; propos placés dans la bouche [21.7] de l’Éternel);
• “Il [21.8] a crû devant l’Éternel comme une faible plante, comme un rejeton [27.2] sortant d'une terre desséchée. Il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards et son aspect n'était pas pour séduire. Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance [21.9], semblable à ceux devant qui on détourne le regard, nous l'avons dédaigné, nous n'avons point fait cas de lui [21.10]. Et pourtant, ce sont nos souffrances qu'il a portées, c'est de nos douleurs qu'il s'est chargé [21.11], alors que nous pensions que Dieu l’avait puni, frappé et humilié. Mais c’est à cause de nos péchés qu’il était meurtri, à cause de nos iniquités qu’il a été brisé. Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui et c'est par ses meurtrissures que nous recevons la guérison [21.12]. Nous étions tous errants comme des brebis [21.13], chacun suivant sa propre voie [21.13.1], et l'Éternel a fait retomber sur lui les fautes de nous tous. Il a été maltraité et opprimé, et il n'a point ouvert la bouche, semblable à un agneau mené à l’abattoir [21.14], à une brebis muette devant ceux qui la tondent. Il n'a point ouvert la bouche [21.15]. Il a été emporté par l'angoisse et le châtiment. Et parmi ceux de sa génération, qui s’est avisé que s’il a été retranché de la terre des vivants et frappé, c’est pour les péchés de son peuple? [21.16] On l’a mis au tombeau parmi les impies mais dans sa mort il est avec le riche [21.17] parce qu'il n'avait pas commis de violence et qu'il n'y avait pas de fraude dans sa bouche [21.18]. Il a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance. Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché [21.19], il verra une postérité et prolongera ses jours; et l'oeuvre de l'Éternel prospérera entre ses mains. Il verra le fruit du travail de son âme et sera comblé. Par sa connaissance, le juste [21.20], mon serviteur [21.2], justifiera beaucoup d'hommes et il se chargera de leurs iniquités [21.21]. C'est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands. Il partagera le butin avec les puissants parce qu'il s'est dépouillé lui-même jusqu’à la mort et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs [21.22]. Parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes et qu'il a intercédé en faveur des coupables” (Ésaïe 53:2-12; plusieurs passages sont particulièrement difficiles à traduire, leur sens n’étant pas toujours évident);
• “Ton Sauveur va venir! Son salaire est avec lui et sa récompense devant lui” (Ésaïe 62:11 in fine; en rappelant que selon Romains 6:23, rédigé après la mort de Jésus, “le salaire du péché, c’est la mort”. Comparer avec Apocalypse 22:12, qui date de la fin du premier siècle et où un dénommé Jean raconte qu’au cours d’une vision, il aurait vu et entendu Jésus prononcer ces paroles, par lesquelles il annonce son retour sur terre: “Voici, je viens bientôt et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu'il a fait” [21.23]);
• L’auteur du livre de Daniel (rédigé au IIe siècle av. J.-C.) attribue au prophète Daniel (qui vécut au Ve siècle av. J.-C.) une vision au cours de laquelle celui-ci vit “arriver sur les nuées du ciel quelqu’un de semblable à un fils d’homme” (Daniel 7:13); puis, ce quelqu’un ayant reçu “le pouvoir, la gloire et le règne” (Daniel 7:14), “tous les peuples, nations et hommes de toutes langues se mirent à le servir” (ibid.). Phrase suivante (ajout ultérieur?): ”Son pouvoir est un pouvoir éternel, qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit” (ibid.);
• Au premier siècle, Jésus ayant été - si l’on en croit certains membres de sa confrérie - “enlevé au ciel” (Luc 24:51, Marc 16:19 et Actes 1:2; dans le même sens: Actes 1:9 et 1:11) après avoir subi l’épreuve de la crucifixion, l’apôtre Pierre, s’exprimant au sujet du salut des âmes, écrivit dans une lettre adressée à des chrétiens fraîchement convertis: “Ce salut a fait l'objet des recherches et des investigations des prophètes qui ont annoncé d'avance la grâce qui vous était destinée. Ils cherchaient à découvrir à quelle époque et à quels événements se rapportaient les indications données par l'Esprit du Christ. Cet Esprit était en eux et annonçait à l'avance les souffrances du Messie et la gloire dont elles seraient suivies. Il leur fut révélé que le message dont ils étaient chargés n'était pas pour eux, mais pour vous” (I Pierre 1:10-12, version Bible du Semeur).

......... [21.1] Ésaïe a plusieurs fois comparé le cheminement de l’homme vers la justice, la sainteté et le salut divin à une germination (55:10-11, 58:8 et 61:11). Comme en témoignent les logia 9, 20 et 57 de l’Évangile de Thomas ainsi que les chapitres 13 (versets 1 à 43) du livre de Matthieu, 4 (versets 1 à 34) du livre de Marc et 8 (versets 1 à 15) du livre de Luc, Jésus développera plus tard cette comparaison dans le cadre des efforts qu’il déploiera pour enseigner le Royaume à ses disciples.

......... [21.2] L’expression “mon serviteur”, employée par l’Éternel, tout comme celle de “germe de l’Éternel”, qui a le même sens, renvoie au Messie à venir, un Messie que les chrétiens reconnaîtront en la personne de Jésus. Si l'on admet que Jésus fut un serviteur de Dieu, il faut renoncer à l'idée qui est à la base de la théorie de la Trinité, à savoir que le Fils est Dieu au même titre que le Père.

......... [21.3] L’image de Jésus armé d’un fouet, renversant tables et sièges et chassant des abords du Temple tous ceux qui vendaient ou achetaient (cf. Jean 2:13-15, Matthieu 21:12 et Marc 11:15) ne correspond guère à cette description.

......... [21.4] Deux mille ans s’étant écoulés, la question mérite d’être posée: Jésus a-t-il “établi la justice sur la terre” ?

......... [21.5] Comparer avec Ézéchiel 34:23 ss. (notamment 34:25 : “Alors je conclurai une alliance de paix avec mes brebis”) et 37:24-28 (notamment 37:26 : “Je conclurai avec eux [les Israélites] une alliance de paix qui sera une alliance éternelle”).

......... [21.6] “Il s'élèvera” ou (selon les traductions) “il sera élevé”: c’est sans doute pour mieux rattacher le personnage de Jésus à cette prédiction d’Ésaïe que les phrases suivantes ont été introduites dans le Nouveau Testament: • “Pendant qu'il [Jésus] les bénissait [les Onze apôtres], il se sépara d'eux et fut enlevé au ciel” (Luc 24:51); • “Après leur avoir parlé [aux Onze], le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel” (Marc 16:19); • “Il [Jésus] fut enlevé au ciel” (Actes 1:2); • “Après avoir dit cela, il [Jésus] fut élevé pendant qu'ils [les Onze apôtres] le regardaient et une nuée le déroba à leurs yeux” (Actes 1:9); • “Ce Jésus qui (...) a été enlevé dans le ciel” (Actes 1:11).

......... [21.7] On admet ici qu’à l’image de l’homme qui l’a créé, l’Éternel parle avec la bouche.

......... [21.8] Ce “Il” se rapporte manifestement au “serviteur” [21.2] de l’Éternel dont il a été question quatre versets plus haut, soit au début d’Ésaïe 52:13.

......... [21.9] Dans Marc 9:12, Jésus rappelle à Pierre, Jacques et Jean qu’“il est écrit [20.1.1] au sujet du Fils de l’homme qu’il doit beaucoup souffrir et être méprisé” [21.9.1]. Preuve que Jésus connaissait ses classiques. Et qu’il avait décidé d’interpréter ce rôle de Messie, qu’il en était arrivé à considérer comme ayant été conçu pour lui. Ce rôle, il fallait bien que quelqu’un finisse un jour par l’assumer si l’on voulait éviter de laisser se propager le soupçon, qui commençait déjà à poindre, que les prophètes ayant annoncé la venue d’un Messie n’étaient que des illuminés et des menteurs.

.................. [21.9.1] • Ésaïe 49:7, parlant du “serviteur” (49:6) [21.2], s’était exprimé ainsi: “celui qui est méprisé des hommes, détesté du peuple, esclave des puissants”. • “Mais moi, je suis un ver de terre et non un homme, l'opprobre des hommes et le méprisé du peuple. Tous ceux qui me voient se raillent de moi; ils ricanent, ils hochent la tête en s’écriant: «Qu’il se repose sur l’Éternel et l’Éternel le délivrera; il le sauvera, puisqu’il a mis en lui son affection!»” (Psaumes 22:6-8 ou 22:7-9, selon la numérotation adoptée; c’est le roi David qui se lamente de la sorte. Beaucoup de chrétiens considèrent qu’il s’agit là d’un tableau prophétique des souffrances du Messie. Nul doute, en effet, que les évangélistes s’en soient inspirés pour étoffer leurs récits détaillant les derniers jours de la vie de Jésus [Marc chapitres 14 à 16, Matthieu chapitres 26 à 28, Luc chapitres 22 à 24 et Jean chapitres 18 à 21]. Il s’agissait, une fois de plus, de démontrer que les prédictions des anciens s’étaient réalisées).

......... [21.10] Cf. Luc 18:31-33 (dans le même sens: Marc 10:32-34 et Matthieu 20:17-19): “Ensuite, Jésus prit à part les Douze et leur dit: «Voici, nous montons à Jérusalem, et tout ce qui a été écrit [20.1.1] par les prophètes au sujet du Fils de l'homme s'accomplira. Car il sera livré aux païens; on se moquera de lui, on l'outragera, on crachera sur lui et, après l'avoir battu de verges, on le fera mourir. (...)»”. Confirmation que Jésus connaissait bien ses classiques. Et que, se sentant apte à interpréter le rôle, il avait décidé d’agir conformément aux prédictions. Ainsi, Ésaïe 50:6 fait dire - par anticipation - au “serviteur” (50:10) [21.2] dont il prophétise la venue: “J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe; je n’ai pas dérobé mon visage aux outrages et aux crachats” (dans le même sens, Lamentations 3:30 : “Il présentera la joue à celui qui le frappe, il se rassasiera d’opprobres”). Et, de fait, Jésus se comportera de manière à ce que les mauvais traitements annoncés lui soient effectivement infligés (faisant preuve, il faut l’admettre, d’une grande habileté dans l’art de les provoquer), comme le confirment les passages suivants des Évangiles: • “Là-dessus, ils lui crachèrent au visage et lui donnèrent des coups de poing et des soufflets” (Matthieu 26:67); • “Ils crachaient sur lui et, prenant le roseau, ils le frappaient à la la tête. Après s’être ainsi moqués de lui, ils (...)” (Matthieu 27:30-31); • “Les passants l’injuriaient” (Matthieu 27:39, Marc 15:29); • “Les principaux sacrificateurs, avec les scribes et les anciens, se moquaient aussi de lui” (Matthieu 27:41; dans le même sens: Marc 15:31 et Luc 23:35); • “Alors quelques-uns se mirent à cracher sur lui, à lui couvrir le visage et à le frapper à coups de poing (...). Puis les gardes le saisirent et lui donnèrent des coups de bâton” (Marc 14:65); • “Après avoir fait battre Jésus à coups de verges, il [Pilate] le livra pour qu'on le crucifie” (Marc 15:15); • “Ils lui frappaient la tête avec un roseau et crachaient sur lui (...). Après s’être ainsi moqués de lui, (...)” (Marc 15:19-20); • “Les hommes qui tenaient Jésus se moquaient de lui et le frappaient” (Luc 22:63); • “Les soldats aussi se moquaient de lui” (Luc 23:36); • “À ces mots, un des huissiers qui se trouvait là donna un soufflet à Jésus, en disant: «Est-ce ainsi que tu réponds au grand-prêtre?»” (Jean 18:22); • “Alors Pilate prit Jésus et le fit battre de verges. Les soldats, ayant tressé une couronne d’épines, la lui posèrent sur la tête (...). Et ils lui donnaient des soufflets” (Jean 19:1-3). Cela dit, ce n’est pas uniquement envers les esclaves que les traitements inhumains et dégradants étaient monnaie courante dans le monde antique. Jésus ne fut donc pas, et de loin, le seul Juif à présenter des analogies avec le portrait messianique dressé par Ésaïe.
Un point, en particulier, laisse songeur: comment expliquer que Pilate ait “fait battre Jésus à coups de verges” (Marc 15:15; dans le même sens: Jean 19:1) alors qu’il n’a cessé de répéter, à propos du Nazaréen: “Je ne trouve rien de coupable en cet homme” (Luc 23:4), ou: “Je ne l’ai trouvé coupable d’aucun des crimes dont vous l’accusez, ni Hérode non plus” (Luc 23:14), ou encore: “Je ne trouve aucun crime en lui” (Jean 18:38 in fine, 19:4 in fine et 19:6 in fine; autre traduction rencontrée: “Je ne trouve chez cet homme aucun motif de le condamner”) [21.10.1]. Les évangélistes en auraient-ils rajouté pour mieux faire “coller” la fin de Jésus avec les oracles? On n’ose imaginer pareille vilenie...

.................. [21.10.1] Luc 23:16, 23:20 et 23:22 révèlent que Pilate avait “l’intention de relâcher Jésus” (23:20), ce que Jean 19:12 et Actes 3:13 confirment en ces termes: “Pilate cherchait à le relâcher”, respectivement: “Pilate était de l’avis de le relâcher”. On ne fait pas battre de verges une personne qu’on juge innocente.

......... [21.11] Cf. Matthieu 8:17 : “(...), de sorte que fut accompli [20.1.2] ce qui avait été dit par Ésaïe le prophète: «Il [Jésus] a pris lui-même nos infirmités et il a porté nos maladies»”.

......... [21.12] Cf. • Romains 4:24-25 : “Jésus (...) a été livré à cause de nos fautes et est ressuscité pour notre justification”; • “Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures” (I Corinthiens 15:3; c’est Paul qui l’écrit). • I Pierre 2:24 in fine présente Jésus-Christ comme celui “par les meurtrissures duquel vous avez été guéris”.

......... [21.13] Comparer avec • Ézéchiel 34:6 (c’est l’Éternel qui parle): “Mes brebis sont errantes sur toutes les montagnes et sur toutes les collines élevées; mes brebis sont dispersées sur toute la surface de la terre”; • Genèse 4:12 : “Tu seras errant et vagabond sur la terre”; • Psaumes 119:176 : “Je suis errant comme une brebis perdue”; • Proverbes 5:6: “Elle est errante dans ses voies [21.13.1], elle ne sait où elle va”; • Jérémie 31:22 : “Jusques à quand seras-tu errante, fille égarée?” (“égarée” ou “rebelle”, on trouve les deux traductions; le mot “fille” désigne ici la nation israélite).

.................. [21.13.1] “Vos voies ne sont pas mes voies, déclare l’Éternel” (Ésaïe 55:8).

......... [21.14] Avant Jésus, le prophète Jérémie avait déjà eu tendance à se prendre pour le Messie, lui qui écrivit un jour: “Quant à moi, comme un agneau docile qu’on mène à l’abattoir, (...)” (Jérémie 11:19).

......... [21.15] Cf. • Matthieu 26:62-63 (dans le même sens: Marc 14:60-61): “Alors le grand-prêtre [Caïphe] se leva et demanda à Jésus: «Ne réponds-tu rien à ce que ces hommes déposent contre toi?». Mais Jésus gardait le silence”; • Matthieu 27:12-14 (dans le même sens: Marc 15:3-5): “Et, pendant que les chefs des prêtres et les anciens l’accusaient, il [Jésus] ne répondait rien. Alors Pilate lui dit: «N’entends-tu pas tous les témoignages qu’ils déposent contre toi?» Mais il ne répondit rien sur aucun point, de sorte que le gouverneur était fort étonné”; • Luc 23:7-12, en particulier le verset 9: “Il [Hérode] lui posa beaucoup de questions, mais Jésus ne lui répondit rien”; • Jean 19:9 :“Il [Pilate] rentra dans le prétoire et dit à Jésus: «D'où es-tu»? Mais Jésus ne lui donna point de réponse”.

......... [21.16] Ce passage (Ésaïe 53:7-8), depuis “Il a été maltraité et opprimé”, est cité par Luc dans Actes 8:32-33.

......... [21.17] Traduction malaisée.

......... [21.18] Cf. I Pierre 2:22 : “Lui [Jésus] qui n’a point commis de péché et dans la bouche duquel il ne s’est trouvé aucune fraude”.

......... [21.19] Cf. • Jean 1:29 : “Le lendemain, il [Jean-Baptiste] vit Jésus venant à lui et il dit: «Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde»”; • I Jean 3:5 : “Jésus a paru pour ôter les péchés”; • Jean 10:13-18, en particulier (c’est Jésus qui parle [21.19.1]]): “Je suis le bon berger (...), je donne ma vie pour mes brebis. (...) Personne ne me l’ôte mais je la donne de moi-même”; • Hébreux 9:28 : “(...) le Christ s’est offert (...) pour porter les péchés de beaucoup d’hommes”.

.................. [21.19.1] Ou, du moins, c'est ce que le rédacteur du selon Jean fait dire à Jésus.

......... [21.20] Cf. I Jean 2:1 in fine: “Jésus-Christ le juste”.

......... [21.21] Cf. • Romains 3:21-24 (nota bene: dans l’épître aux Romains, Paul expose ses convictions sur le salut et la foi chrétienne); • Romains 5:18-19 : “Ainsi donc, de même que par une seule faute [celle d’Adam et Ève] la condamnation à mort s’est étendue à tous les hommes, de même par un seul acte satisfaisant à la justice l’acquittement qui donne la vie s'est étendu à tous les hommes [21.21.1]. Et de même que par la désobéissance d'un seul beaucoup d’hommes ont été rendus pécheurs, de même par l'obéissance d'un seul [21.21.2] beaucoup seront rendus justes”; • Colossiens 2:14 (en relevant au passage qu’aucun prophète n’avait annoncé une mort par crucifixion [21.21.3]).

.................. [21.21.1] Pas d’excès d’enthousiasme, toutefois! Revêtu de son déguisement messianique, Jésus avait apporté quelques bémols majeurs non seulement aux espérances consolatrices des prophètes mais surtout, par anticipation, aux constructions et interprétations alambiquées que des déviationnistes comme Paul (dont les épîtres sont autant d’apocryphes [21.21.1.1]) allaient se croire autorisés à déverser sur les cendres encore fumantes du pseudo-Messie. Quelques exemples de ces bémols: • “Large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte et difficile le sentier qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent” (Matthieu 7:13- 14); • “Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite; car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas” (Luc 13:24); • “Alors, je leur dirai ouvertement: «Je ne vous ai jamais connus. Éloignez-vous de moi, vous qui commettez le mal»” (Matthieu 7:23; dans le même sens: Luc 13:27, parabole de la porte étroite); • “Celui qui me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père céleste” (Matthieu 10:33); • “Ceux à qui le Royaume était destiné seront jetés dans les ténèbres extérieures, où il y aura des pleurs et des grincements de dents” (Matthieu 8:12, traduction Segond 21); • “Ensuite il [Dieu] dira à ceux qui seront à sa gauche: «Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges»” (Matthieu 25:41; parabole du Jugement dernier); • “Tout comme on arrache la mauvaise herbe et la jette au feu, il sera fait de même à la fin du monde: le Fils de l'homme enverra ses anges, qui feront disparaître de son royaume tous ceux qui incitent les autres à pécher et ceux qui commettent le mal; et ils les précipiteront dans la fournaise de feu” (Matthieu 13:40-42; parabole de l’ivraie dans le champ; Jésus annonce le tarif).

........................... [21.21.1.1] Apocryphes (substantif masculin pluriel): “livres dont l'appartenance au canon des livres inspirés de la Bible est douteuse ou erronée” (http://www.cnrtl.fr/definition/apocryphe).

.................. [21.21.2] “Jésus-Christ, (...) en prenant la forme d’un serviteur [21.2], (...) s’est abaissé lui-même en se rendant obéissant [21.21.2.1] jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix” (Philippiens 2:5-8).

........................... [21.21.2.1] Lorsqu’on est Dieu et qu’on s’abaisse à prendre pour un temps une forme humaine, quoi de plus naturel que de se montrer obéissant. Dans le cas contraire, Dieu serait entré en conflit avec lui-même et on aurait eu droit à des comportements marqués du sceau de la schizophrénie.

.................. [21.21.3] Encore que... Encore que l’on puisse se demander pourquoi la dimension clairement prémonitoire de ce passage d’Ésaïe 41:7 n’a pas davantage retenu l’attention des exégètes: “Puis il fixe l'idole [21.21.3.1] avec des clous, pour qu'elle tienne bien”. De même, Jérémie 10:4 mériterait un peu plus de considération: “Un marteau et des clous le font tenir en place”. Ah! idolâtrie, quand tu nous tiens...

........................... [21.21.3.1] Cf. Ésaïe 40:19-20 et 46:6-7.

......... [21.22] Cf. Luc 22:37 (c’est Jésus qui parle, s’adressant aux apôtres): “Car, je vous le déclare, il faut que s’accomplisse [20.1] en ma personne ce qui est écrit [20.1.1]: «Il a été mis au rang des malfaiteurs»”. Certains mauvais esprits doutent que Jésus ait jamais prononcé ces paroles. Ils font observer que lorsque, plusieurs décennies après la mort du Nazaréen, les premiers rédacteurs des Évangiles narrent les malheurs qui se sont abattus sur lui au terme de sa folle équipée, ils savent comment l’histoire s’est terminée. Quoi de plus facile, dès lors, que de faire tenir à leur héros des propos prophétiques qui se vérifieraient par la suite? Le fait est que les évangélistes sont fortement soupçonnés d’avoir placé a posteriori dans la bouche de Jésus un certain nombre de phrases que celui-ci n’a jamais prononcées. Les passages suivants sont particulièrement sujets à caution: • “Il [Jésus] enseignait ses disciples et il leur dit: «Le Fils de l'homme sera livré entre les mains des hommes; ils le feront mourir et, trois jours après qu'il aura été mis à mort, il ressuscitera»” (Marc 9:31; dans un sens comparable: Matthieu 17:22-23 [21.22.1] et Luc 9:43-44 [21.22.2]. Voir aussi: ◊ Marc 10:34, Matthieu 20:18-19 et Luc 18:31-33 [partiellement cité ci-dessus, au début de la note 21.10]; ◊◊ Marc 8:31, Matthieu 16:21, Luc 9:22 et Luc 24:6-7; ◊◊◊ Luc 13:32 in fine [21.22.3]); • “Lorsque Jésus eut achevé tous ces discours, il dit à ses disciples: «Vous savez que la Pâque a lieu dans deux jours et que le Fils de l'homme sera livré pour être crucifié»” (Matthieu 26:1-2; à noter que dans les passages correspondants des autres synoptiques [Marc 14:1 et Luc 22:1], il n’est fait aucune allusion à une éventuelle arrestation ou crucifixion de Jésus); • “Si elle a répandu ce parfum sur mon corps, elle l'a fait en vue de ma sépulture” (Matthieu 26:12; dans le même sens: Marc 14:8; dans un sens comparable: Jean 12:7; à chaque fois c’est Jésus qui parle, s’adressant à ses disciples); • “En vérité, en vérité, je vous le déclare, l’un de vous me trahira” (Jean 13:21; dans le même sens: Matthieu 26:21, Marc 14:18 et Luc 22:21; à chaque fois c’est Jésus qui parle, s’adressant au cénacle des Douze); • “Je vous le dis déjà maintenant, avant que cela n’arrive, afin que, quand cela sera arrivé, vous croyiez ce que je suis” (Jean 13:19; dans le même sens: Jean 14:29 et 16:4; c’est toujours Jésus qui parle, s’adressant à ses disciples [7.2]) [21.22.4]; • “Après ma résurrection, je vous précéderai en Galilée” (Matthieu 26:32, Marc 14:28; cette “prophétie” est absente chez Luc). [21.22.5]
Par ses paroles et ses actes au cours des semaines et des mois ayant précédé la Pâque, Jésus s’était en quelque sorte condamné lui-même à une mort certaine. Aussi n’est-il pas étonnant qu’il se soit mis à parler de sa disparition prochaine à ses disciples. En fait, comme on l’a vu, il avait oeuvré et manoeuvré afin de parvenir à ce résultat, critiquant sans relâche les pratiques des docteurs de la Loi et de la classe sacerdotale [21.22.6], provoquant ainsi le conflit qui devait aboutir à sa crucifixion.
Chronique d’une mort annoncée, tel est le titre donné par le journaliste et écrivain colombien Gabriel García Márquez [21.22.7] à l’un de ses romans, publié en 1981. Un intitulé qui conviendrait parfaitement aux Évangiles (en particulier: à l’ensemble des synoptiques), tant il est évocateur de leur contenu.

.................. [21.22.1] Citation exacte: “Pendant qu'ils parcouraient la Galilée, Jésus leur dit [à ses disciples]: «Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes; ils le feront mourir, et le troisième jour il ressuscitera. Ils furent profondément attristés»”. Pourquoi tant de tristesse, alors que le Maître [21.22.1.1] annonce sa résurrection? Jésus lui-même en fut étonné: “Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais auprès du Père” (Jean 14:28).

........................... [21.22.1.1] Jean 13:13 rapporte cette parole de Jésus à ses disciples: “Vous m'appelez Maître et Seigneur; et vous avez raison, car je le suis”.

.................. [21.22.2] Citation exacte: “Tandis que chacun était dans l'admiration de tout ce que faisait Jésus, il dit à ses disciples: «Pour vous, écoutez bien ceci: Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes»”. Ici, pas d’allusion à une éventuelle résurrection, ce qui laisse moins de place au doute quant à l’authenticité du propos (les rédacteurs de Marc et surtout de Matthieu n’ont pas compris qu’à trop vouloir en rajouter, ils perdaient en crédibilité).

.................. [21.22.3] Dans ce verset, Jésus laisse entendre que sa fin est proche mais ne parle pas de résurrection. Il annonce simplement : “(...) le troisième jour, j’achève ma vie” (“j’achève ma vie” est la traduction retenue par la version synodale, huitième revision, Lausanne 1956; de nombreuses autres traductions ont été proposées, notamment: “j’en aurai terminé”, “je serai arrivé au terme de mon parcours”, “j’aurai atteint mon but”, “j’aurai achevé mon oeuvre”, “ma tâche sera accomplie”, etc.).

.................. [21.22.4] Cf. • Jean 11:27 : “Elle [Marthe] lui dit [à Jésus]: «Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui devait venir dans le monde»”; • Marc 8:29 : “Pierre lui répondit [à Jésus]: «Tu es le Christ»” (dans le même sens: Matthieu 16:16 et Jean 6:68-69). Pour touchantes que soient ces déclarations, leur authenticité n’est pas vérifiable.

.................. [21.22.5] Une “prédiction” d’un autre ordre, également sujette à caution, mérite d’être ici mentionnée: “Des jours de malheur vont fondre sur toi. Tes ennemis t'entoureront d'ouvrages de siège, t'encercleront et te presseront de tous côtés. Ils te détruiront complètement, toi et les habitants qui seront dans tes murs, et ils ne laisseront pas chez toi une pierre sur une autre” (Luc 19:43-44, traduction Bible du Semeur; dans ce passage, Jésus s’adresse à la ville de Jérusalem, qui fut effectivement détruite par les Romains en l’an 70, soit une quarantaine d’années plus tard; il paraît hors de doute que le passage incriminé a été rédigé après l’an 70).

.................. [21.22.6] Lire notamment: • le chapitre 23 ainsi que le verset 12:34 du livre de Matthieu; • Marc 12:38-40; • Luc 11:39-52 et 20:45-47.

.................. [21.22.7] Prix Nobel de littérature en 1982.

......... [21.23] Maintenant que Jésus est revenu sur terre sous les traits de Marguerite, qui sait si des hommes ne vont pas s’empresser de le faire à nouveau passer de vie à trépas, et cela avant qu’il ait eu le temps de prononcer le jugement supposé expédier une partie des humains au ciel (puisque telle est l’espérance commune) et l’autre partie en enfer? S’il devait s’avérer que Jésus sera envoyé une seconde fois ad patres, une question surgit: son Dieu unique et préféré le ressuscitera-t-il une nouvelle fois [21.23.1]? Rien n’est moins sûr. Et même si le Père ressuscitait une seconde fois le Fils (en l'occurence: la Fille), rien ne dit qu’il le ferait par la suite retourner à nouveau sur terre pour y prononcer le fameux jugement. Et même si Dieu faisait retourner une nouvelle fois Jésus sur terre, qu’est-ce qui dit que les hommes ne lui feraient pas de nouveau la peau avant qu’il ait eu le temps de décider quoi que soit qui s’apparentât à un jugement? L’histoire pourrait se répéter un nombre indéfini de fois, de sorte que ni les morts ni les vivants ne ressusciteraient jamais, laissant l’enfer aussi inhabité que le paradis, et vice-versa. On peut aussi imaginer que Dieu, las de ressusciter son Fils unique, déciderait de se confectionner d’autres enfants pour les substituer à un Jésus devenu ringard, le coup de la Vierge étant susceptible de se reproduire un nombre indéterminé de fois.
Bien malin qui pourrait dire, à ce stade, quand et comment toute cette histoire va finir [21.23.2].

.................. [21.23.1] La possibilité d’une nouvelle résurrection du Christ a fait l’objet d’un examen approfondi lors du dernier Forum résurrectionnel de Davos. Des chrétiens du monde entier ont participé à cette rencontre pour tenter d’apporter une réponse à la question soulevée: ad Patrem bis Iesus Christus?. Hélas, malgré les efforts déployés par le vénérable Philippulus, Président de l’assemblée, les débats n’ont pas permis d’aboutir à une prédiction convaincante en rapport avec le thème développé. Preuve que les révélations divines ne sont plus ce qu’elles étaient [21.23.1.1].

........................... [21.23.1.1] Cf. Lamentations 2:9 in fine: “Les prophètes ne reçoivent plus aucune vision de l'Éternel” .

.................. [21.23.2] Autres formulations possibles: ◊ Ingénieux celui qui, à ce moment de l’histoire, serait capable de dire quand et de quelle manière elle va se terminer; ◊◊ Sacrément futé est le bison qui, quand et comment cette histoire va finir, déjà maintenant saurait deviner; ◊◊◊ Le fin mot de l’histoire, on le connaîtra plus tard.

[22] Cette maladie porte un nom: le syndrome du Messie (ou syndrome du sauveur). La personne atteinte de ce syndrome se sent appelée à relever un défi: celui de sauver l’humanité. L’appel est si pressant (et oppressant) qu’elle ne peut y répondre qu’en s’autodéifiant, c’est-à-dire en devenant elle-même Dieu, en étant elle-même Dieu - ou, du moins, en laissant croire qu’elle est d’essence divine, qu’elle fait partie intégrante de la divinité (l’observateur neutre utilisera des formules du genre en se prenant pour Dieu ou en se mettant dans la peau d’un Dieu supposé).
Avide de savoir, le jeune Jésus avait lu et relu les prophètes. Son âme s’était imprégnée de leur parole - en particulier du prodigieux message constitué par les prédictions messianiques. Plus tard, ayant conçu de prophétiser à son tour, l’idée prit corps dans son esprit que l’habit de Messie confectionné plus d’un demi-millénaire auparavant par ses paroliers préférés était non seulement taillé à sa mesure mais qu’il lui appartenait de s’en parer. Car bien que la brèche ouverte par les anciens fût béante, aucun courageux ne s’était présenté [22.1] pour s’y engouffrer, aucun germe de l’Éternel [22.2] n’était (ap)paru pour incarner le personnage du serviteur [22.3] portraitisé par Ésaïe et opérer la transmutation des fabuleuses promesses gravées dans le scénario messianique en une réalité tangible. Les générations s’étaient succédées mais rien ne s’était passé - aucun Oint [22.4] ne s’était manifesté. Déçu, frustré, le peuple avait fini par cesser d’y croire. Face à cette situation, Jésus se convainquit que son heure était venue: il est grand temps, se dit-il, que quelqu’un mette fin à cette interminable attente. Pourquoi pas moi? Des années de lente maturation l’avaient amené à se sentir prêt - prêt à assumer, prêt à se sacrifier. De plus, la chorégraphie proposée exerçait sur lui une telle fascination qu’il mourait d’envie de l’interpréter. Voilà comment, mû par le désir de restituer sa dignité à ce peuple d’Israël accablé et meurtri auquel il appartenait, Jésus fit le choix [22.5] de se porter volontaire. Dès lors, faisant montre d’une assiduité et d’un dévouement à toute épreuve, il s’efforça jusqu’à sa mort de se comporter de manière à ce que sa destinée confirmât les anticipations des prophètes. “Les Écritures [20.1.1] (...) rendent témoignage à mon sujet” (Jean 5:39), répondit-il un jour à des Juifs qui lui reprochaient de se prendre pour le Messie (cf. Jean 5:18). “Puis, commençant par Moïse [22.6] et continuant par tous les prophètes, il [Jésus réapparu vivant trois jours après sa crucifixion] leur expliqua [aux disciples d’Emmaüs] ce qui se rapportait à lui dans toutes les Écritures [20.1.1]” (Luc 24:27). Peu après, Jésus tenta de se justifier auprès des Onze: “Il fallait que s’accomplît [20.1] tout ce qui est écrit [20.1.1] à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes” (Luc 24:44).
Ce qui n’empêchait pas notre homme d’affirmer par ailleurs, comme on l’a vu plus haut (note 7): “Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands” (Jean 10:8). Autrement dit, des menteurs et des imposteurs.
Schizophrénie, quand tu nous tiens...

......... [22.1] “Il a vu, avec étonnement, qu'aucun homme, aucun, n’osait intervenir. Alors, c’est son propre bras qui lui est venu en aide” (Ésaïe 59:16; traduction: version synodale, huitième revision, Lausanne 1956).

......... [22.2] Cf. Ésaïe 4:2, reproduit au tout début de la note 21 ci-dessus.

......... [22.3] Cf. Ésaïe 42:1, 52:13 et 53:11 ainsi que Zacharie 3:8. À force d’étudier les prophètes, Jésus finit par se sentir appelé à devenir ce “germe”, ce “serviteur”, ce “juste”, cet “élu”, cet “admirable conseiller” [22.3.1], ce “prince de la paix” [22.3.1], cette “pierre angulaire” [22.3.2] que les livres saints décrivaient et annonçaient avec tant de passion. Il s’était persuadé que si quelqu’un pouvait délivrer le peuple juif de son sempiternel statut d’opprimé [22.3.3], c’était bien lui. Fermement convaincu que telle était sa mission, il se mit à calquer son comportement sur les prévisions d’Ésaïe et de ses pairs.

.................. [22.3.1] Cf. Ésaïe 9:5 ou 9:6, selon la numérotation adoptée.

.................. [22.3.2] Cf. Psaumes 118:22 (“La pierre qu’avaient écartée ceux qui bâtissaient est devenue la pierre de l’angle” [22.3.2.1]) et Ésaïe 28:16 (“Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel: «Je vais placer en Sion [22.3.2.2] une pierre servant de fondation, une pierre éprouvée, une pierre angulaire de grande valeur, solidement posée. Celui qui s’appuiera sur elle sera en sécurité»”; à mettre en relation avec Ésaïe 7:14 [22.3.2.3]). Dans plusieurs passages, le Nouveau Testament identifie Jésus comme incarnant cette pierre maîtresse prêchée dans l’Ancien Testament: Luc 20:17- 18 (voir aussi Romains 9:33), Actes 4:11 (“Jésus est la pierre écartée par vous qui bâtissez; elle est devenue la pierre angulaire”), Éphésiens 2:20-21 (“C’est Jésus-Christ lui-même qui est la pierre angulaire, sur laquelle tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un sanctuaire consacré au Seigneur”) et I Pierre 2:4 à 2:8 (2:4 présente Jésus-Christ comme “la pierre vivante, rejetée par les hommes mais choisie par Dieu et d’une grande valeur à ses yeux”).

........................... [22.3.2.1] Verset cité par Jésus lui-même en Matthieu 21:42.

........................... [22.3.2.2] Dans la Bible, “Sion peut désigner à la fois tout lieu qui bénéficie de la présence divine [22.3.2.2.1] (...) et le peuple de Dieu” (source: «http://fr.wikipedia.org/wiki/Sion_(Bible)», état au 1er octobre 2014).
.....................................[22.3.2.2.1] Par exemple: • le Temple de Salomon et ses abords; • la ville de Jérusalem; • le pays de Juda.

........................... [22.3.2.3] “La jeune fille deviendra enceinte et elle enfantera un fils; elle lui donnera le nom d’Emmanuel”. Huit siècles plus tard, contant la naissance de Jésus, un évangéliste affirmera: “Tout cela est arrivé afin que s'accomplît [20.1] ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: «Voici, la jeune fille vierge sera enceinte et elle enfantera un fils, que l’on appellera Emmanuel» - ce qui veut dire: Dieu est avec nous” (Matthieu 1:22-23). Ainsi, Jésus - ce qui veut dire: Dieu sauve - aurait dû s’appeler Emmanuel. Si tel ne fut pas le cas, c’est probablement parce que l’ange Gabriel s’est emmêlé les pinceaux en annonçant à Marie: “Voici, tu deviendras enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus” (Luc 1:31). Ou alors, autre hypothèse, Jésus ne fut pas le germe [22.3.2.3.1] annoncé par Ésaïe et Zacharie. Il se serait abusivement fait passer pour le Messie, ce qui donnerait raison à la fois aux juifs (qui en sont toujours à attendre le vrai Messie) et aux musulmans (qui n’attendent personne puisque Mahomet a définitivement mis les pendules à l’heure).
.....................................[22.3.2.3.1] Germe: cf. les trois premiers “•” de la note 21 ci-dessus, inclus la note 21.1.

.................. [22.3.3] Après la mort de Jésus sur la croix, l’un de ses disciples (nommé Cleopas, selon Luc 24:18) exprima ainsi la tristesse et les regrets de sa communauté: “Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël” (Luc 24:21).

......... [22.4] Oint: Christ vient de la traduction grecque (khristos) du terme hébreu Messie, qui veut dire oint, consacré par l’onction (cf. Psaumes 2:2, Actes 4:26-28 et 10:38, Luc 4:16-21, Matthieu 1:16, etc.). L’onction était un signe de royauté. Le mot Messie évoque l’idée d’une élection divine, qui transparaît dans l’appellation Fils de Dieu.

......... [22.5] Mais fut-ce vraiment un choix? Et si oui, ce choix fut-il libre? Jésus ne s’était-il pas plutôt laissé envoûter?

......... [22.6] Au sujet de Moïse, Jésus a affirmé: “C’est à mon sujet qu’il a écrit” (Jean 5:46 in fine; autre traduction, inspirée de celle adoptée par la Bible du Semeur: “C’est de moi qu’il a parlé dans ses livres”).
Sur la question de l’historicité du personnage de Moïse, lire «https://fr.wikipedia.org/wiki/Moïse#Historicité_de_Moïse».

[23] Cf. Jean 2:1-10. L’épisode des noces de Cana, proposé en exclusivité par l’Évangile johannique, est considéré par beaucoup comme un récit symbolique ou, pour reprendre les termes employés par l’exégète belge Georges Daras (qui s’appuie sur les analyses de l’exégète américain John Paul Meier), comme “une fiction littéraire, une création théologique sans référent historique déterminé” [23.1].

......... [23.1] Source: «http://exegeseettheologie.wordpress.com/2012/06/01/les-noces-de-cana/»; l’article, exempt de polémique, mérite d’être lu dans son intégralité.

[24] L’historien juif de langue grecque Flavius Josèphe, qui vécut au premier siècle, rapporte qu’au temps où Cuspius Fadus était procurateur de la province romaine de Judée, c’est-à-dire de 44 à 46, “un charlatan nommé Theudas persuada une grande partie du peuple de prendre ses effets et de le suivre vers le Jourdain pour qu'il leur dît qu'il était le prophète, et qu'il allait, par son propre commandement, diviser la rivière et leur laisser un passage plus aisé. Nombreux furent trompés par sa parole. Cependant, Fadus (...) leur opposa une troupe de cavaliers”. Ceux-ci, leur tombant dessus, “tuèrent de nombreux disciples et en capturèrent beaucoup d'autres. Ils prirent Theudas vivant, le décapitèrent et emmenèrent son corps à Jérusalem” (sources: «http://fr.wikipedia.org/wiki/Cuspius_Fadus» et «http://en.wikipedia.org/wiki/Theudas»). On trouve trace de cet épisode dans le livre des Actes, chapitre 5, verset 36: “En effet, il y a quelque temps, Theudas est apparu; il prétendait être quelqu'un et environ quatre cents hommes se sont ralliés à lui. Il a été tué et tous ses partisans ont été mis en déroute et réduits à rien”. Dans la foulée, le verset suivant évoque un cas similaire: “Après lui [Theudas] est apparu Judas le Galiléen, à l'époque du recensement, et il a entraîné une foule de gens à sa suite. Lui aussi est mort et tous ceux qui s’étaient ralliés à lui ont été dispersés” (Actes 5:37). La pax romana exigeait en effet que les agitateurs de tous poils (ceux qui se prétendaient envoyés par Dieu comme les autres) soient arrêtés, condamnés et exécutés. En d’autres termes: l’aventure messianique dans laquelle s’était lancé Jésus et la fin brutale qu’elle a connue entrent dans le cadre d’un schéma classique.

[25] Malachie 3:1.

[26] • “Mais Jésus, sachant qu'ils allaient venir l'enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, seul avec lui-même” (Jean 6:15). • “Jésus répondit [à Pilate]: «Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne sois pas livré aux Juifs; mais, en vérité, mon royaume n'est pas d'ici»” (Jean 18:36).

[27] À l’aube du premier siècle, nombre de juifs espéraient voir enfin se réaliser les prophéties suivantes:
• “Je lui conserverai toujours ma bonté [à David] et mon alliance lui sera fidèle. Je lui donnerai une descendance éternelle et son trône durera autant que le ciel” (Psaumes 89:28-29 ou 29-30, selon la numérotation adoptée; c’est l’Éternel qui parle).
• “Car pour nous un enfant est né, un fils nous est donné, et la souveraineté reposera sur son épaule; on l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Son règne et sa paix ne connaîtront pas de limites. Il régnera sur le trône de David et dans tout son royaume, qu’il consolidera et renforcera par les moyens du droit et de la justice, dès maintenant et pour toujours - voilà ce que fera le zèle de l'Éternel des armées” (Ésaïe 9:5-6 ou 9:6-7, selon la numérotation adoptée) [22.3.3];
• “Un rameau sortira du tronc d'Isaï [27.1], un rejeton [27.2] naîtra de ses racines. L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui, esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel. Il trouvera sa jouissance dans la crainte de l'Éternel. Il ne jugera point d’après les apparences, il ne prononcera point sur un ouï-dire mais il jugera les pauvres avec équité et il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre. Il frappera la terre de sa parole comme d'une verge, et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant [27.3]. La justice sera la ceinture de ses flancs et la fidélité la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l'agneau et la panthère se couchera avec le chevreau; le veau, le lionceau et le bétail qu'on engraisse seront ensemble et un petit enfant les conduira. La vache et l'ourse paîtront côte à côte, leurs petits partageront le même gîte; et le lion, comme le boeuf, mangera de la paille. Le nourrisson s'ébattra près de l’antre du cobra et l'enfant sevré mettra sa main dans le nid de la vipère. Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute l’étendue de ma montagne sainte; car la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. En ce jour, le rejeton d'Isaï [27.1] sera là comme une bannière pour les peuples; les nations se tourneront vers lui, et la gloire sera sa demeure” (Ésaïe 11:1-10);
• “Les jours viennent, dit l'Éternel, où je susciterai à David un germe [22.3.2.3.1] juste. Il régnera en tant que roi et prospérera. Il pratiquera la justice et l'équité dans le pays. Sous son règne, Juda sera sauvé, Israël aura la sécurité dans sa demeure. Et voici le nom dont on l'appellera: «l'Éternel est notre justice» [27.4]” (Jérémie 23:5-6; “germe” [en anglais: “Branch”, “Sprout” ou “Shoot”] doit être pris ici dans le sens de “descendant”) [27.5];
• “Les jours viennent, dit l'Éternel, où j'accomplirai la bonne parole que j'ai dite sur la maison d'Israël et sur la maison de Juda. En ces jours et en ce temps-là, je ferai éclore à David un germe [22.3.2.3.1] de justice; il pratiquera la justice et l'équité dans le pays. En ces jours-là, Juda sera sauvé, Jérusalem aura la sécurité dans sa demeure. Et voici comment on l'appellera: «l'Éternel est notre justice» [27.4]. Car ainsi parle l'Éternel: David ne manquera jamais d'un successeur assis sur le trône de la maison d'Israël; les sacrificateurs, les Lévites, ne manqueront jamais devant moi de successeurs pour offrir des holocaustes, brûler de l'encens avec les offrandes et faire des sacrifices tous les jours” (Jérémie 33:14-18. Peut-on considérer que ces prédictions se sont réalisées avec la venue de Jésus? “Jérusalem” connaît-elle “la sécurité”? Où sont passés les “Lévites” qui devaient offrir des “holocaustes” et des “sacrifices tous les jours”?);
• “Ainsi parle l'Éternel des armées: «Un homme, dont le nom est Germe [22.3.2.3.1], germera dans son lieu et bâtira le temple de l'Éternel. Il bâtira le temple de l'Éternel et portera les insignes de la majesté royale; il s'assiéra et gouvernera sur son trône, il sera aussi prêtre sur son trône et il exercera les deux fonctions dans une parfaite harmonie»” (Zacharie 6:12-13);
• “Et toi, Bethléhem Éphrata, qui es petite parmi les villes de Juda, de toi sortira pour moi Celui qui doit gouverner Israël et dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours de l’éternité” (Michée 5:1 ou 5:2, selon la numérotation adoptée; c’est Dieu qui parle; verset repris en Matthieu 2:6) [27.6];
• Voir aussi Ésaïe 16:5 et 55:3-5; Jérémie 30:9; Ézéchiel 34:23-24 et 37:24-25; Osée 3:5. Pour clore, on mentionnera encore ces paroles que l’ange Gabriel aurait adressés à la jeune Marie: “Et voici, tu deviendras enceinte et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son ancêtre” (Luc 1:31-32; à noter que cet épisode ne trouve aucune confirmation dans les autres Évangiles) [27.7]. À supposer que l’ange Gabriel ait réellement gratifié Marie d’une annonce aussi extraordinaire, on peut tout de même s’étonner que Marie et Joseph “ne comprirent pas ce qu’il [Jésus] leur disait” (Luc 2:50) quand le divin enfant, alors âgé de douze ans (Luc 2:42), leur asséna sa célèbre réplique: “Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père?” (Luc 2:49; autre traduction possible: “Ne savez-vous pas qu’il faut que je sois dans la maison[27.8] de mon Père?”). Comme le fait remarquer Jacques Duquesne (Jésus, Flammarion 1994, page 39), “Quand deux anges [27.9] viennent vous annoncer que l’enfant à naître n’est autre que le Fils de Dieu, on ne devrait plus, ensuite, s’étonner de rien”.

......... [27.1] Isaï (ou Jessé, ou Eshai, ou encore Yishai) était le père de David (voir notamment Ruth 4:17 in fine, I Samuel 17:12, 17:58 et 20:27, II Samuel 23:1, I Chroniques 2:13- 15, 10:14, 12:18 et 29:26, Psaumes 72:20; voir aussi, dans le Nouveau Testament, Matthieu 1:6 et Luc 3:31-32 [généalogies de Jésus] ainsi qu’Actes 13:22, qui renvoie à I Samuel 16:11-13).

......... [27.2] Dans Apocalypse 5:5, on trouve cette expression: “le rejeton de David”, relayée au verset suivant par le terme d’“Agneau” [27.2.1]. Plus loin, au verset 16 du chapitre 22, l’auteur de l’Apocalypse [27.2.2] fait dire à Jésus “Je suis le rejeton de la racine de David et son descendant, l'étoile brillante du matin”.

.................. [27.2.1] L’Apocalypse recourt une trentaine de fois à l’image de l’Agneau pour désigner la personne de Jésus.

.................. [27.2.2] L’Apocalypse semble avoir été composée vers la fin du premier siècle. Son auteur est inconnu. La lecture de «http://fr.wikipedia.org/wiki/Apocalypse» permet d’en savoir plus.
L’apocalypse était autrefois un genre littéraire fort répandu, relevant de la fiction. Outre le livre de Daniel et l’Apocalypse de Jean, qui ont été admis dans la Bible, on mentionnera l’Apocalypse grecque de Baruch, l’Apocalypse syriaque de Baruch, ainsi que les apocalypses d’Abraham, d’Adam, de Daniel, d’Élie, d’Esdras, d’Étienne, de Jacques, de Moïse, de Paul, de Pierre, de Sedrach et de Sophonie, toutes jugées apocryphes.

......... [27.3] Les chrétiens (à l’inverse des juifs) considèrent pour la plupart que la prophétie d’Ésaïe s’est réalisée avec la venue de Jésus. Or, la préoccupation de Jésus ne fut pas de faire “mourir le méchant” mais au contraire, à travers le sacrifice de sa propre personne, de permettre à chaque être humain - aux méchants comme aux justes - de gagner le Royaume de Dieu, synonyme de vie éternelle.

......... [27.4] Rappel: Jésus signifie Dieu sauve.

......... [27.5] Que l’Éternel ait décidé de susciter à David un “germe juste”, fort bien, on s’en réjouit. Mais que, conjointement, il ait pu prendre la décision suivante: “Je susciterai dans le pays un berger qui ne s’occupera pas des brebis disparues. Il n'ira pas à la recherche des plus jeunes, il ne soignera pas les blessées, il ne nourrira pas les bien portantes mais il mangera la viande des plus grasses et leur brisera les sabots” (Zacharie 11:16), voilà qui a de quoi surprendre. Pourquoi ce double jeu? Pourquoi ce manichéisme - ou plutôt, ce zoroastrisme [27.5.1]: d’un côté, un “bon berger” (Jean 10:11 et 10:14 in initio ou 10:13 in fine, selon les éditions; seul le Jésus johannique emploie cette expression) et de l’autre, un “méchant berger” (cf. Jérémie 23:2 et Ézéchiel 34:2- 6)? Où réside l’intérêt? Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Dieu des juifs manifeste vis-à-vis de son troupeau des intentions peu claires. Ambiguës. Pas nettes.

.................. [27.5.1] Le zoroastrisme est une religion monothéiste remontant au deuxième millénaire av. J.-C. Pour plus de détails, en particulier concernant l’influence plus que probable du zoroastrisme sur le judaïsme, lire «http://fr.wikipedia.org/wiki/Zoroastrisme».

......... [27.6] Pour la grande majorité des historiens, Jésus ne naquit pas à Bethléhem mais bien plutôt à Nazareth, où il a passé la plus grande partie de son enfance et de sa jeunesse (voir notamment «http://www.cyberpresse.ca/noel/200912/23/01-933782-il- est-ne-ou-le-divin-enfant.php»; comme il est écrit dans cet article, publié le 24 décembre 2009, si les Évangiles de Matthieu et de Luc font naître Jésus à Bethléhem, c’est “probablement pour faire se réaliser la prophétie de Michée” sur l’origine davidique du Messie. Selon la tradition juive, en effet, Bethléhem fut le lieu de naissance et de couronnement du roi David). Dans son article consacré à Bethléhem (ou Bethléem), l’encyclopédie en ligne Wikipédia indique, à propos des fouilles archéologiques effectuées dans le sol de cette ville, qu’“aucune trace d'habitat contemporain de Jésus n'a été mise au jour jusqu'à présent” (voir «http://fr.wikipedia.org/wiki/Bethléem», qui renvoie [état au 21 avril 2012] à deux publications distinctes).

......... [27.7] Si l’on s’appuie - bien qu’elles divergent radicalement l’une de l’autre - sur les généalogies consignées dans Matthieu 1:6-16 et dans Luc 3:23-31, Joseph descendait effectivement de David, ce qui tendrait à prouver qu’il fut bel et bien le géniteur de Jésus. Mais si ces généalogies sont toutes deux fantaisistes, comme le pensent la quasi-totalité des exégètes, alors - puisque personne ne soutient que Marie était de la lignée de David - la probabilité que Jésus compte David au nombre de ses aïeux est voisine de zéro. Ce qui devrait logiquement amener les chrétiens à réfléchir sur la manière dont ils interprètent certaines prophéties de l’Ancien Testament. Et à étendre leur réflexion au crédit que les anges (in casu: Gabriel) et leurs discours méritent qu’on leur accorde.
Il résulte de Marc 12:35-37 [27.7.1], Luc 20:41-44 et Matthieu 22:41-46 que Jésus, conscient de ne pas descendre de David, a voulu démontrer que “David lui-même” (Marc 12:36 et 12:37, Luc 20:42) écartait l’idée que le Messie dont il prédisait la venue puisse appartenir à sa descendance. Malgré cela, la croyance en une filiation davidique de Jésus s’est perpétuée: • “L'Écriture ne dit-elle pas que c'est de la postérité de David et du village de Bethléhem, d’où était David, que le Messie doit venir?” (Jean 7:42); • “C'est de la postérité de David que Dieu, conformément à sa promesse, a suscité à Israël un Sauveur, qui est Jésus” (Actes 13:23); • “Il [l’Évangile de Dieu] concerne son Fils [le Fils de Dieu] qui, en tant qu’homme, est né de la descendance de David et qui, du point de vue de l'Esprit saint, a été déclaré Fils de Dieu avec puissance par sa résurrection” (Romains 1:3-4 [27.7.2], traduction Segond 21; c’est Paul qui écrit); • “Souviens-toi de Jésus Christ, issu de la postérité de David, ressuscité des morts, selon mon Évangile” (II Timothée 2:8; c’est toujours Paul qui écrit).

.................. [27.7.1] Lire à ce sujet Étienne Trocmé, L'Évangile selon saint Marc (Labor et Fides, 2000), pp. 312-315 (“Contre les lettrés”).

.................. [27.7.2] Si l’on comprend bien Paul, il faudrait appréhender la question de la filiation de Jésus sous deux angles bien distincts (dualité père terrestre [ou, au choix, père charnel, père génétique, géniteur] - père céleste [père transcendantal, père spirituel]):
a) “en tant qu’homme”, le Christ serait le fruit d’une relation sexuelle entre Marie et un homme dont l’identité n’est pas établie, l’un des deux (éventuellement tous les deux) étant “de la descendance de David”;
b) “du point de vue de l'Esprit saint”, Dieu aurait en quelque sorte reconnu Jésus comme son “Fils” en le faisant ressusciter au troisième jour [27.7.2.1].

........................... [27.7.2.1] Parlant d’“une pure élaboration mythique”, l’historien espagnol Pepe Rodriguez laisse entendre qu’il s’agissait, pour les évangélistes du premier siècle, de “compléter le dessin de la personnalité divine de Jésus en l'assimilant aux exploits légendaires des dieux solaires jeunes et expiatoires qui l'avaient précédé, parmi lesquels Mithra, son concurrent direct à cette époque, qui non seulement avait eu une naissance semblable à celle donnée à Jésus, mais qui avait aussi ressuscité au troisième jour”. Au paragraphe suivant, l’auteur ajoute que Matthieu “est resté fidèle à son style et s'en est donné à coeur joie en adaptant des légendes païennes orientales au mythe de Jésus, voilà pourquoi - que ce soit de la main du véritable Matthieu ou de celle du rédacteur qui a mis au point la version actuelle de son Évangile en Égypte - apparaissent dans ses textes - et pas dans les autres - les typiques tremblements de terre et les êtres célestes descendus du ciel propres aux légendes païennes” (Mentiras fundamentales de la Iglesia católica, Ediciones B, Barcelona 1997; traduction empruntée à «www.pepe-rodriguez.com/Mentiras_Iglesia/Frances/Mentiras_Iglesia_resurreccion_fr.htm»).

......... [27.8] Par maison, il faut entendre ici le Temple de Jérusalem (cf. Luc 2:46-47).

......... [27.9] Deux anges: “l’ange Gabriel” (Luc 1:26-38) pour ce qui est de Marie et “un ange du Seigneur” (Matthieu 1:20), sans précision d’identité, pour ce qui concerne Joseph.

[28] • “Moi et le Père, nous sommes un” (Jean 10:30); • “Le Père est en moi et (...) je suis dans le Père” (Jean 10:38); • “Croyez-moi: je suis dans le Père et le Père est en moi” (Jean 14:11); • “Celui qui m’a vu a vu le Père” (Jean 14:9); • “Père, tu es en moi, et moi en toi” (Jean 17:21; Jésus en prière s’adresse à Dieu).

[29] • “Croyez en la lumière, afin que vous deveniez des enfants de la lumière” (Jean 12:36; c’est Jésus qui parle, laissant entendre à “la foule” [12:29 et 12:34] que “la lumière” vient de lui, qu’il est “la lumière”); • “Jésus a dit: «Je suis la lumière qui est sur eux tous; je suis le Tout. Le Tout est venu de moi, et le Tout est venu à moi. Fendez du bois, là je suis; soulevez une pierre, là vous me trouverez»” (Évangile extra-canonique de Thomas, logion 77).

[30] Cf. Job 9:35 : “Dans l’état où je me trouve, je ne suis plus à moi”.

[31] “Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père” (Jean 14:2; c’est Jésus qui parle).

[32] “Quiconque reconnaît en Jésus un Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu” (I Jean 4:15).

[33] • “Vous êtes tous des fils du Très-Haut!” (Psaumes 82:6); • “Tous, en effet, vous êtes fils de Dieu (...)” (Galates 3:26); • “À tous ceux qui l'ont accueillie [la Parole], elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu” (Jean 1:12); • “Tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu” (Romains 8:14); • “Heureux ceux qui répandent autour d’eux la paix car ils seront appelés fils
de Dieu!
” (Matthieu 5:9; c’est Jésus qui parle); • “Aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour: votre récompense sera grande et vous serez fils du Très-Haut” (Luc 6:35; c’est Jésus qui parle); • “Eh bien, moi je vous dis: aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent; ainsi, vous vous comporterez vraiment comme des enfants de votre Père céleste” (Matthieu 5:44-45, traduction Bible du Semeur; c’est Jésus qui parle); • “Voyez combien le Père nous a aimés pour que nous puissions être appelés enfants de Dieu - et nous le sommes!” (I Jean 3:1; traduction Bible du Semeur; I Jean 3:2 réaffirme: “Nous sommes enfants de Dieu”); • “Lorsque vous vous connaîtrez, alors vous serez connus, et vous saurez que vous êtes les enfants du Père Vivant” (Évangile selon Thomas, logion 3).

[34] “Nul ne connaît le Fils, si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père, si ce n’est le Fils” (Matthieu 11:27, Luc 10:22).

[35] Cf. Jean 18:37 in fine.

[36] “La Parole a été faite chair; elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et nous avons contemplé sa gloire” (Jean 1:14).

[37] Cf. Matthieu 22:16, Marc 12:14, Luc 20:21 in fine.

[38] Cf. Jean 14:6 (c'est Jésus qui parle [7.2]).

[39] Cf. Marc 4:3 in initio (parabole du semeur; c'est Jésus qui parle).

[40] Cf. Luc 9:44 in initio (c'est Jésus qui parle).

[41] Cf. Marc 7:14, Matthieu 15:10 (c'est Jésus qui parle).

[42] Cf. Jean 14:20 [7.2].

[43] Cf. • Luc 15:31 (parabole de l’enfant prodigue): “Le père lui dit: «Mon enfant, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi»”; • Jean 17:10 : “Tout ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à moi” [43.1]; • Jean 16:15 in initio: “Tout ce que le Père possède est à moi” (c’est Jésus qui parle, s’adressant à ses disciples [43.1]); • Évangile extra-canonique de Thomas, logion 61: “Il m’a été donné ce qui est à mon Père” (c’est Jésus qui parle; autre traduction: “Il m’a été donné ce qui vient de mon Père”).

......... [43.1] L’ensemble du chapitre 17 de l’Évangile selon saint Jean met en scène un Jésus en prière s’adressant à Dieu le Père. La note 7.2 ci-dessus est applicable au contenu de cette prière.

[44] • “(...) afin que tous soient un” (Jean 17:21 in initio ou 17:20 in fine, selon les éditions [43.1]); • “(...) afin qu’ils soient un, comme nous sommes un” (Jean 17:22 [43.1]; dans le même sens: Jean 17:11 in fine [43.1]); • “(...) afin qu’ils soient parfaits dans l’unité” (Jean 17:23 [43.1]); • “Car tous, vous êtes un en Jésus-Christ” (Galates 3:28; autre manière de traduire: “Unis à Jésus-Christ, vous êtes tous un”).

[45] “Si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé; car Dieu a fait l'homme à son image” (Genèse 9:6; traduction de la Bible du Semeur: “Dieu a fait l'homme pour être son image: c'est pourquoi si quelqu'un répand le sang d'un homme, son sang à lui doit être répandu par l'homme”).

[46] Pour mémoire (cf. note 7 ci-dessus): “Le Père dont vous êtes issus, c’est le diable (...). Il a été meurtrier dès le commencement; (...) il n’y a point de vérité en lui. (...) il est menteur et le père du mensonge” (Jean 8:44; dans cette tirade adressée aux Juifs, Jésus assimile le Dieu qu’ils vénèrent à une créature diabolique).

[47] Cf. Sophonie 3:17 in initio: “L’Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi un puissant Sauveur”.

[48] Luc 17:21; citation complète (Luc 17:20-21): “Les pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le royaume de Dieu. Il leur répondit: «Le royaume de Dieu ne vient pas de manière observable. On ne dira pas: ‘‘Il est ici’’, ou: ‘‘Il est là’’. Car, en réalité, le royaume de Dieu est au-dedans de vous»”. Comparer avec ◊ I Corinthiens 3:16 : “Ne savez-vous pas que (...) l'Esprit de Dieu habite en vous?” et ◊◊ Éphésiens 4:6 (traduction Segond 21): “Il [Dieu] (...) agit à travers tous et habite en [nous] tous”. Comparer également avec les logia 51 (“ce que vous attendez est venu mais vous ne le reconnaissez pas”) et 113 (“le royaume du Père s’étend sur la terre et les hommes ne le voient pas”) de l’Évangile extra-canonique de Thomas.

[49] Empyrée: ce terme désignait, dans l’Antiquité, la partie la plus élevée du ciel, habitée par les dieux.

[50] Dans Ésaïe 57:15, Dieu assure qu’il “habite (...) avec celui qui est contrit et humilié, pour vivifier l'esprit des humiliés et pour ranimer le coeur des contrits”. Cela signifie que tout individu humilié, persécuté, opprimé, accablé, abattu ou simplement malheureux [50.1], s’il veut bénéficier de la grâce divine, doit accepter que Dieu vive sous le même toit que lui (en d’autres termes: doit le laisser s’installer à l’intérieur de lui-même) [50.2]. Mais, à la base, le choix est laissé à chacun d’affronter la vie et l’adversité avec ou sans Dieu (en d’autres termes: de vivre dans la piété ou l’impiété), l’opinion du prophète à ce sujet étant qu’ “il n’y a pas de paix pour les impies” (Ésaïe 48:22 et 57:21; quelques traductions utilisent le terme d’ “incrédules” [50.3] plutôt que celui d’ “impies”, l’un et l’autre étant de loin préférables à celui de “méchants”, qui prête à confusion).

......... [50.1] La cohabitation avec Dieu ne présenterait-elle aucun intérêt pour les autres?

......... [50.2] Ce qui implique l’acceptation en son sein d’une force d’occupation étrangère, accompagnée de son cortège de lois [50.2.1], le sujet se trouvant condamné à renoncer à sa liberté au profit de la force en question, que celle-ci soit bonne ou mauvaise. Une situation d’aliénation mentale au moyen de laquelle Dieu tient en laisse une bonne partie de l’humanité, juifs et musulmans compris.

.................. [50.2.1] Il suffit de penser à la Loi juive [50.2.1.1 + 53] ou à la charia [50.2.1.2] chère aux musulmans.
........................... [50.2.1.1] Les lecteurs qui ne se souviendraient pas de la position affichée par Jésus à l’égard de la Loi juive sont invités à relire Matthieu 5:17-18 (ces deux versets ont été reproduits dans la note 7 ci-dessus).
........................... [50.2.1.2] Charia: “Loi canonique islamique régissant la vie religieuse, politique, sociale et individuelle, appliquée de manière stricte dans certains États musulmans” (Le Petit Larousse grand format, édition 2004).

......... [50.3] Le Coran s’intéresse beaucoup à la personnalité et au sort des incrédules, qu’il appelle aussi mécréants. Quelques exemples: • II:89 in fine: Que la malédiction de Dieu tombe sur les mécréants!; • III:141 : Que Dieu purifie les croyants et anéantisse les mécréants; • IV:102 : Dieu a préparé un châtiment ignominieux pour les incrédules; • V:17 : Ceux qui disent: «Dieu est, en vérité, le Messie, fils de Marie», sont des impies (et sont, par conséquent, exclus de la paix de Dieu, si l’on applique Ésaïe 48:22 et 57:21; faites votre choix...).

[51] “Dieu vit, a répondu le vieux, là où on Le laisse entrer” (Paulo Coelho, Maktub, Ed. Anne Carrière, 2004, page 26).

[52] “Le Seigneur est avec vous quand vous êtes avec lui” (II Chroniques 15:2).

[53] La Loi, c’est-à-dire la sacro-sainte Loi de Moïse, lequel avait ordonné: ◊ “Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n’en retrancherez rien, mais vous observerez les commandements de l’Éternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris” (Deutéronome 4:2); ◊◊ “Vous observerez et vous mettrez en pratique tout ce que je vous commande: vous n’y ajouterez rien, et vous n’en retrancherez rien” (Deutéronome 12:32 ou 13:1, selon la numérotation adoptée). Proverbes 30:6 abonde dans le même sens: “N’ajoute rien à ses paroles [aux paroles de Dieu], de peur qu’il [Dieu] ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur”. La phrase qui suit montre à quel point Jésus entendait prendre ses distances par rapport à la loi mosaïque: “Si vous obéissez à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, tout comme moi-même j'ai obéi aux commandements de mon Père et je demeure dans son amour” (Jean 15:10).

[54] Cf. Jean 2:13-15. Voir aussi Matthieu 21:12 et Marc 11:15. Ce jour-là, Jésus devait être sérieusement en colère! [54.1] Mais qu’on n’essaie pas de l’imiter, “car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu” (Jacques 1:20) et “celui que la colère emporte en subira le châtiment” (Proverbes 19:19 [54.2). Dans Colossiens 3:8, Paul assimile la colère à un péché [54.3], ce qui ne l’empêche pas d’assurer par ailleurs que Jésus n’a commis “aucun péché” (Hébreux 4:15; dans le même sens: II Corinthiens 5:21 in initio, Hébreux 7:26, I Jean 3:5 in fine; voir aussi Jean 8:46 in initio); ce que Pierre s’empresse de confirmer en comparant le Christ à “un agneau sans défaut et sans tache” (I Pierre 1:19) “qui n’a point commis de péché” (I Pierre 2:22) [54.4]. C’est cet agneau de douceur et de perfection qui, parvenu au terme de la parabole des mines, lança à ses disciples: “Quant à ces gens qui me haïssent et n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et massacrez-les en ma présence” (Luc 19:27) [54.5];manifestement, aux yeux du Sauveur, supprimer ses ennemis ne constitue pas un péché. Quant aux bien-aimés disciples, ils se trouvèrent plongés dans un profond désarroi puisque le Maître [21.22.1.1] leur avait précédemment déclaré: ◊ “Mais moi, je vous dis: quiconque se met en colère contre son frère sera passible du Jugement” (Matthieu 5:22), ◊◊ “Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant; au contraire, si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre” (Matthieu 5:39), ◊◊◊ “Mais moi je vous dis: aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent” (Matthieu 5:44; dans le même sens: Luc: 6:27-28). Hélas, l’admirable cohérence de l’enseignement dispensé par le Dieu vivant échappait aux malheureux disciples, incapables d’apprécier à sa juste valeur cette règle pourtant toute simple: “aimez vos ennemis et massacrez-les; car c’est en les massacrant que vous leur manifesterez votre amour”, dont le proverbe “Qui aime bien châtie bien” constitue une version édulcorée.

......... [54.1] Foulé aux pieds, le sage conseil du roi David: “Réprime ta colère! Calme ton courroux! Ne t'irrite pas - cela te conduirait toi aussi à faire le mal” (Psaumes 37:8).

......... [54.2] Le livre des Proverbes n’est pas tendre avec les colériques: • “Celui qui est prompt à s'emporter proclame sa folie” (14:29); • “Il n’y a que le fou qui s’emporte” (20:3); • “L’insensé répand au-dehors toute sa colère” (29:11). Et l’Ecclésiaste d’abonder: • “Car c’est dans le coeur de l’insensé qu’habite la colère” (7:9). Jésus un fou? un insensé?
Le colérique a souvent mauvais caractère. C’est ainsi que Jésus, pour des motifs à vrai dire peu convaincants, refusait parfois d’accomplir des miracles (cf. Luc 11:29; Matthieu 12:39 et 16:4), alors que cela était à sa portée, que des gens pieux l’en imploraient (cf. Luc 11:16; Matthieu 12:38 et 16:1) et qu’il venait de déclarer: “Demandez et l’on vous donnera” (Luc 11:9, Matthieu 7:7) et “Quiconque demande, reçoit” (Luc 11:10, Matthieu 7:8). Par ailleurs, les Évangiles montrent à plusieurs reprises Jésus se comportant de manière rude, voire insultante envers ses disciples, souvent parce qu’ils ne le comprennent pas (cf. par exemple Matthieu 16:11 et Marc 4:13, 7:18 [54.2.1]] et 8:17), parfois pour d’autres raisons [54.2.2].

.................. [54.2.1] “Êtes-vous donc sans intelligence?

.................. [54.2.2] Cf. Matthieu 16:23 et Marc 8:33, où Jésus traite Pierre de “Satan”. Cela n’empêchera pas ledit Pierre, après avoir renié trois fois Jésus [54.2.2.1], de devenir par la suite le premier pape, de l’an 64 à l’an 67, comme le professe le très catholique Annuaire Pontifical. Satan à la tête de l’Église, voilà qui explique bien des choses...

........................... [54.2.2.1] Et cela devant plusieurs témoins; cf. Matthieu 26:34-35 et 69-75, Marc 14:30-31 et 66- 72, Luc 22:33-34 et 54-62, ainsi que Jean 13:36-38, 18:17 et 18:25-27.

......... [54.3] Saint Thomas d’Aquin (né en 1224 ou 1225, mort en 1274) compte même la colère au nombre des sept péchés capitaux. Or, conformément à Romains 1:32, ceux qui se laissent aller à la colère (précisément: “ceux qui commettent de telles actions”) sont voués à la mort en vertu d’un jugement de Dieu. Ce que Romains 6:16 et Jacques 1:15 confirment, le premier en parlant “du péché qui conduit à la mort” et le second en affirmant que “le péché, étant consommé, enfante la mort”. Dans Romains 8:2, Paul parle à ce sujet de “la loi du péché et de la mort”. Dans Galates 5:21, Paul - toujours lui - affirme que “ceux qui commettent de tels péchés n’hériteront pas le Royaume de Dieu” (dans un sens équivalent: Éphésiens 5:5). Tout cela pour dire que si la justice de Dieu est la même pour tous, on ne voit pas comment Jésus pourrait accéder au Royaume. Par conséquent, chargé par son Père de prononcer le Jugement dernier, il n’aura d’autre choix que se condamner lui-même aux affres de l’enfer.

......... [54.4] Voir aussi l’Évangile extra-canonique de Thomas, logion 104: “Jésus répondit: «Quel est donc le péché que j’ai commis, ou en quoi ai-je failli?» (...)”. Avant Jésus, l’idée généralement admise était qu’“il n'y a point sur la terre d'homme assez juste pour ne faire que le bien sans jamais pécher” (Ecclésiaste 7:20). Puis Jésus est arrivé et, dans les siècles qui ont suivi sa mort sur la croix, l’Église a échafaudé une théorie selon laquelle il aurait été “Dieu fait homme”, “à la fois pleinement Dieu et pleinement homme”. Or, il est évident que si Jésus n’a jamais péché au cours de sa vie, on ne saurait retenir que Dieu a véritablement épousé la condition humaine. Jésus était peut-être “vrai Dieu” mais il ne fut en tout cas pas “vrai homme”, contrairement à ce qu’enseigne le catéchisme. Car celui qui n’a jamais commis d’erreur, jamais fauté, jamais péché, non seulement celui-là n’est pas un homme mais il ne saurait prétendre connaître ou comprendre la nature humaine. Cela dit, le plus probable - conformément à ce que pensent les juifs et à ce qu’enseigne le Coran - est que Jésus était “vrai homme” mais en aucun cas “vrai Dieu”.
C'est le lieu de mentionner le cas de ce notable juif qui, ayant interpellé Jésus en ces termes: “Mon bon Maître [21.22.1.1]” (Marc 10:17, Luc 18:18), s’attira aussitôt les foudres de son interlocuteur: “Pourquoi m'appelles-tu «bon»? Il n'y a de bon que Dieu seul!” (Marc 10:18, Luc 18:19). Si Jésus refusa vigoureusement de se voir appliquer l’épithète de “bon”, n’est-ce pas qu’il était lui-même la proie du péché?

......... [54.5] Jésus, apôtre de la non-violence?...

[55] Après lui avoir adressé ce reproche: “Étant homme, tu te fais Dieu” (Jean 10:33; voir aussi Jean 5:17-18)), les Juifs livrèrent Jésus à Pilate en exigeant: “Il doit mourir, parce qu’il s’est fait le Fils de Dieu” (Jean 19:7).

[56] “La Sphère me réitéra, d’une voix de tonnerre, l’ordre de me taire et me menaça des plus terribles châtiments si je persistais” (Edwin A. Abbott, Flatland, une aventure à plusieurs dimensions, Denoël, Présence du futur/110, p.165; conté par le Carré, qui vient d’exposer à la Sphère sa conviction qu’il existe des dimensions supérieures à la Troisième, dans laquelle elle se meut). On ne peut s’empêcher de penser ici à Galilée [56.1].

......... [56.1] Au 17e siècle, en Italie, un certain Galilée (1564-1642), marchant sur les traces d’un certain Copernic (1473-1543)6, avait eu l’audace de remettre en question une idée bien arrêtée: on persistait à croire, à l’époque, que la Terre était le centre de l’univers et que le soleil tournait autour de la Terre. L’insolent n’a pas tardé à se faire remettre à l’ordre par le Tribunal papal et n’a dû qu’au fait de s’être rétracté [56.1.1] de ne pas se retrouver flambant sur un bûcher. À quoi peut tenir la vie éternelle, tout de même...

.................. [56.1.1] Nous reviendrons dans un prochain billet sur cette abjuration.

[57] “Priez pour ceux qui vous maltraitent”: sans doute, Jésus pria-t-il également pour Joseph (voir la note 8 ci-dessus).

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BRÉSIL ou MEXIQUE ?

110px-Flag_of_Brazil.svg.png110px-Flag_of_Mexico.svg.pngDonnez votre pronostic pour le match
Brésil - Mexique
du lundi 2 juillet à 16h.00 en 8e de finale de la Coupe du monde de football à Samara.

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30/06/2018

CROATIE ou DANEMARK ?

88px-Coat_of_arms_of_Croatia.svg.png88px-National_Coat_of_arms_of_Denmark.svg.pngDonnez votre pronostic pour le match
Croatie - Danemark
du dimanche 1er juillet à 20h.00 en 8e de finale de la Coupe du monde de football à Nijni Novgorod.

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ESPAGNE ou RUSSIE ?

88px-Escudo_de_España_(mazonado).svg.png88px-Coat_of_Arms_of_the_Russian_Federation.svg.pngDonnez votre pronostic pour le match Espagne - Russie du dimanche 1er juillet à 16h.00 en 8e de finale de la Coupe du monde de football à Moscou.

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PORTUGAL ou URUGUAY ?

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110px-Flag_of_Portugal.svg.pngDonnez votre pronostic pour le match Uruguay - Portugal du samedi 30 juin à 20h.00 en 8e de finale de la Coupe du monde de football à Sotchi.




Question 1: laquelle des deux équipes se qualifiera pour les quarts de finale: Uruguay ou Portugal ?
Question 2: quel sera le score à la fin du temps réglementaire (éventuelles prolongations non comprises) ?
Question 3 (pour départager en cas de plusieurs bonnes réponses aux questions 1 et 2):
quel sera le score à la mi-temps ?
Question 4 (pour départager en cas de plusieurs bonnes réponses aux questions 1, 2 et 3):
combien Ronaldo marquera-t-il de buts en faveur du Portugal (y compris au cours d'éventuelles prolongations mais sans compter l'éventuelle séance de tirs aux buts au terme des prolongations) ?

Le ou les vainqueurs recevront un exemplaire (dédicacé!) de mon best seller «L'énigme du père génétique», publié aux Éd. Ab'ovo (tirage: 100 exemplaires; 49 vendus, 46 offerts - il m'en reste 5 que j'essaye de liquider comme je peux...).

Règlement du concours
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Sont autorisées à participer toutes les personnes âgées de 7 ans ou plus ne faisant pas partie du personnel de la maison d'édition Ab'ovo.
Les personnes autorisées à participer peuvent poster autant de pronostics qu'elles le souhaitent. Toutefois, pour être valable chaque nouveau pronostic doit se faire par le biais d'un nouveau commentaire (ceci en raison du comptage électronique).
La date limite pour participer est le 30 juin 2018 à 20h.00, heure du Grand-Saconnex.
Le/s nom/s du/des gagnant/s sera/ront publié/s sur ce blog. Le prix ne pourra être ni échangé, ni versé en espèce.
Tout recours juridique est passible d'une amende salée.

Exemple de réponse:
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1) Portugal
2) Uruguay 1 - Portugal 2
3) Uruguay 0 - Portugal 1
4) 2

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