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09/05/2018

Le judéo-christianisme face à l'islam

Le christianisme, une douce utopie ?

Je suis un lecteur assidu du blog intitulé «Boulevard de l'islamisme» publié par Mme Mireille Vallette, dont je partage le souci de vigilance face aux avancées de l'islam dans nos sociétés. Au début de son billet du 5 courant, Mme Vallette relève avec à propos que le processus de reconnaissance officielle de l'islam et de ses prosélytes "est déjà avancé, avec l’appui des chrétiens (...)".

Cela m'a inspiré le commentaire suivant, que Mme Vallette a bien voulu publier:

« La bienveillance des Églises chrétiennes envers l'islam est dans la droite ligne de l'enseignement de Jésus, comme le démontrent ces paroles prononcées lors du fameux sermon sur la montagne:
"Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes."
(Matthieu 5:44-45; dans le même sens: Luc 6:27-28 et Luc 6:35).

Une morale confirmée en Luc 6:29-30 (c'est toujours Jésus qui parle):
"Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l'autre. Si quelqu'un prend ton manteau, ne l'empêche pas de prendre encore ta tunique. Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas ton bien à celui qui s'en empare."
Et Luc 6:35 de préciser très clairement: "Mais aimez vos ennemis (...) et vous serez fils du Très Haut, car il est bon pour les ingrats et pour les méchants. »


Puis j'ai posté un second commentaire, complémentaire du premier, que Mme Vallette a choisi de censurer - ce qui est son droit le plus absolu.
Je profite de l'ouverture de mon blog pour publier ici ce second commentaire:

« L’islam est en marche et menace de tout submerger.
Bientôt, les juifs et les chrétiens pourront s’adresser à leur Dieu bien aimé en reprenant les termes du Psaume 44: “Tu nous as rejetés et couverts de honte (…); tu nous as fait reculer devant l'ennemi et ceux qui nous haïssent se sont emparés de nos biens. Tu nous as livrés à eux comme un troupeau de brebis destinées à la boucherie (…). Mon infamie m’accompagne partout et mon visage se couvre de honte quand j’entends les propos outrageants ou blessants d’un ennemi vindicatif. Tous ces malheurs nous sont arrivés, quand bien même nous ne t'avions pas délaissé, nous n’avions pas violé ton alliance avec nous. Notre coeur ne s'était pas détourné de toi, nos pas ne se sont point éloignés de ton sentier, et pourtant tu nous as refoulés parmi les chacals, tu nous as couverts de l'ombre de la mort. Si nous avions oublié le nom de notre Dieu et tendu nos mains vers un dieu étranger, n’aurais-tu pas été au courant, toi qui connais les secrets du coeur? Mais à cause de toi, on nous égorge tous les jours, on nous considère comme des moutons destinés à la boucherie” (versets 9 à 22 ou 10 à 23, selon la numérotation adoptée; dans un sens analogue: Psaumes 60:1-3 ou 60:3-5, 79:1-5 et 80:6 ou 80:7, toujours selon la numérotation adoptée).
Pathétique.

Il [l’Éternel] le gardera [son peuple] comme le berger garde son troupeau” (Jérémie 31:10). Comme on vient de le voir, la finalité de cet affectueux gardiennage n’est autre que la boucherie. Une boucherie à l’enseigne de l’islam et de son prophète.

Sur le chemin de la boucherie d’Allah, nous pourrons nous souvenir avec fierté de ces paroles de Luc à propos de Jésus: “Il a été mené comme une brebis à la boucherie; et, comme un agneau muet devant celui qui le tond, il n'a point ouvert la bouche” (Actes 8:32; au gré des traductions, on trouve “à l’abattoir” ou “au carnage” au lieu de “à la boucherie”).

Le christianisme, une dangereuse utopie ? »

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08/05/2018

Quelques considérations au sujet de l’Ascension

L’Ascension est une fête chrétienne commémorant la montée au ciel de Jésus, trente-neuf jours après Pâques (cf. Luc 24:51 et Actes 1:1-11). La croyance en cette montée au ciel repose - en tout et pour tout - sur les cinq versets suivants du Nouveau Testament, dont on conviendra qu’ils la relatent de manière extrêmement sommaire:

  • Après leur avoir parlé [aux Onze], le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et il s'assit à la droite de Dieu” (Marc 16:19; question incongrue: d’où le rédacteur tient-il que Jésus s'est assis à la droite de Dieu?); 
  • Pendant qu'il [Jésus] les bénissait [les Onze apôtres], il se sépara d'eux et fut enlevé au ciel” (Luc 24:51); 
  • Il [Jésus] fut enlevé au ciel” (Actes 1:2); 
  • Après avoir dit cela, il [Jésus] fut élevé pendant qu'ils [les Onze apôtres] le regardaient et une nuée le déroba à leurs yeux” (Actes 1:9); 
  • Ce Jésus qui (...) a été enlevé dans le ciel” (Actes 1:11). 

Il faut tout de suite préciser que Marc 16:19 n’a pas à être pris en considération car les versets 9 à 20, qui closent le dernier chapitre de l’Évangile qui porte ce nom, ne figurent pas dans les plus anciens manuscrits, ce qui veut dire qu’ils ne sont pas d’origine et ont été ajoutés ultérieurement (sans doute par un connaisseur de Luc). Il ne reste donc que le “témoignage” de Luc (lequel n’a pas assisté à la scène), celui-ci n’étant pas seulement l’auteur de l’Évangile qui porte son nom mais aussi du livre des Actes. C’est en vain que l’on chercherait une trace de l’élévation au ciel de Jésus dans les Évangiles selon Matthieu et selon Jean. À propos de l’Évangile johannique, son dernier verset (21:25) a la teneur suivante: “Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites. Si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde entier pourrait contenir les livres qu'on écrirait”. Peut-on imaginer un instant que si Jésus était monté au ciel sous le regard ébloui de ses apôtres, les auteurs du selon Jean (qui écrivent après Paul et après les autres évangélistes) se seraient abstenus d’en parler, alors que cela leur aurait permis de terminer leur Évangile en apothéose? 

Si Luc a fait monter Jésus au ciel, c’est qu’il a voulu lui donner une envergure comparable à celles [1] d’Élie, [2] du Bouddha et d’autres héros vénérés, pour la plupart mythiques, tels [3] Ariane, [4] Empédocle, [5] Romulus, Hercule et Médée. Examinons la chose de plus près. 

[1]  En le faisant s’élever vers le ciel, Luc permettait à Jésus d’acquérir une stature digne d’Élie. Pour mémoire, Élie est ce prophète majeur dans les religions abrahamiques qui, au IXe siècle avant J.-C., à Sarepta (localité proche de Sidon), avait obtenu de Dieu la résurrection d’un garçonnet qui venait à peine de décéder, emporté par une soudaine maladie (cf. I Rois 17:17-23). Mais c’est surtout la manière dont Élie quitta la surface de la terre qui est intéressante. II Rois 2:11 décrit ainsi la disparition de l’homme de Dieu, sous les yeux ébahis de son adjoint et successeur désigné, Élisée: “Et Élie monta au ciel dans un tourbillon” (voir aussi II Rois 2:1). Un exploit digne de David Copperfield. On eut beau lancer cinquante hommes vaillants pendant trois jours à la recherche de celui qui était disparu au-delà du Jourdain (cf. II Rois 2:7-8), on ne parvint pas à le retrouver (cf. II Rois 2:16-18). “Cinquante hommes vaillants” (II Rois 2:16), c’est dire si l’on se méfiait de ce qu’Élisée avait pu raconter. Pressé de succéder à Élie, Élisée? Peut-être est-ce d’homicide, pas seulement d’imposture qu’on le soupçonnait. Un cadavre est vite enfoui dans le sable... - n’est-ce pas Moïse (cf. Exode 2:12)? Quoi qu’il en soit, si l’on voulait que la légende de Jésus surpasse celle du Précurseur, de l’Annonciateur (deux épithètes appliquées à Élie), il fallait encore que Jésus, une fois ressuscité, soit lui aussi “enlevé au ciel”. À légende (Élie), légende et demie (Jésus). Et cela quand bien même Jésus tenait lui-même l’ascension d’Élie pour une légende, sinon il n’aurait pas affirmé: “Personne n'est monté au ciel” (Jean 3:13). 

[2]  Bouddha (...) fit apparaître une allée de pierres précieuses flottant haut dans l’air et il s’élança jusqu’au-dessus de celle-ci. Ensuite, il demeura immobile un instant, flottant dans le vide. De là, il (...) fit jaillir de grandes flammes par certaines parties de son corps, comme les oreilles, les yeux, la bouche ou même les pores de sa peau, tandis que de l’eau émergeait par d’autres parties de son corps. (...) Plus tard, lorsque la démonstration fut terminée, Bouddha ne redescendit pas. Au contraire, il monta et disparut dans le ciel” (source: «http://www.dhammadana.org/bouddha/pouvoirs.htm»). En voilà, une montée au ciel qui a de la classe! 

[3]  Dans sa Théogonie, Hésiode (poète grec du huitième siècle av. J.-C.) affirme qu'Ariane, fille du roi de Crète, fut transportée au ciel, Zeus l'ayant rendue immortelle (source: «http://fr.wikipedia.org/wiki/Ariane_(mythologie)#Ariane.2C_princesse_immortalisée»). 

[4]  Philosophe grec présocratique, Empédocle d’Agrigente vécut au Ve siècle avant J.-C. “La tradition enjolive la mort d’Empédocle autant qu’elle a embelli sa vie; il disparut un soir, après un souper réunissant ses plus chers disciples. On l’entendit appeler par une voix céleste – il se fit une grande lumière – et le philosophe disparut aux yeux des convives” (Carl Grimberg, Histoire universelle, Collection Marabout Université, Éditions Gérard et C°, Verviers 1963, tome 2, page 17). 

[5]  Dans l’article de Wikipédia intitulé «Ascension (fête)», le rédacteur (qui renvoie à Daniel Marguerat, L’aube du christianisme, éd. Bayard/Labor et Fides, 2008, pp. 425- 427) écrit ce qui suit: “Il est possible que l’auteur de Luc et des Actes s’inspire d’une tradition populaire faisant un parallèle avec les assomptions respectives de Moïse, d’Hénoch ou d’Esaïe, ou encore avec d’autres récits édifiants mettant en scène l’élévation de personnages illustres de la mythologie gréco-romaine, comme Romulus, Hercule ou Médée, voire des apothéoses d’empereurs romains, dans une démarche et un récit qui tendent à historiciser le phénomène d’élévation de Jésus”. 

Jésus monté au ciel? Comme bien d’autres avant lui. 

L’ascension? Un mythe. 

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